Impacts et conséquences

Si la Russie parvient à réunir les principaux acteurs dans un congrès à Sotchi, ce que nous estimons probable (55% à 70%)

  • Probabilité accrue de voir, à la fin du processus, une paix constructive s'installer en Syrie
  • Probabilité accrue de voir naître une Syrie fédérale
  • Probabilité accrue de voir la survie des Fédération de la Syrie du Nord
  • Probabilité accrue de voir une baisse sérieuse des tensions au Moyen-Orient et même une certaine forme de stabilisation
  • Une influence russe accrue

(Nota : Le tableau symbolique a été déplacé à la fin de l'analyse et avant les sources/signaux)

Faits et analyses

Comme l'a déclaré le président russe Poutine, l'objectif primordial est maintenant, pour la Syrie, "le processus de règlement politique, avec la finalisation des pourparlers de Genève et l'aide au redressement du pays après le conflit". Dans le cadre de cette mission, les dirigeants russes, iraniens et turcs ont décidé de soutenir un processus inclusif menant à une nouvelle constitution pour la Syrie, ainsi qu'à des élections libres et équitables.

Le moyen d'atteindre ces objectifs est d'abord, comme l'a initié le président russe et maintenant officiellement soutenu par les autres dirigeants, de convoquer un "congrès du dialogue national syrien à Sotchi dans un avenir proche".

La tâche complexe consistera à choisir qui inviter et à convaincre tous les acteurs syriens de participer. Ce que nous voyons à l'œuvre est une feuille de route très progressive, où des "petits pas" sont faits, mais chacun devient une base solide sur laquelle construire le suivant. Nous sommes donc encore relativement loin d'un accord de paix réussi.

En effet, quatre obstacles majeurs, avec des positions différentes sur chacun d'eux par les acteurs syriens et extérieurs, doivent être affrontés et surmontés : le sort du SDF dirigé par les Kurdes syriens et de sa Fédération de Syrie du Nord, qui détient environ 25% du territoire syrien ; l'acceptation de l'idée d'un Congrès par une opposition syrienne unie, comme décidé à Ryad et qui regrouperait les plates-formes de Ryad, de Moscou et du Caire (les rapports contradictoires actuels de diverses sources laissent entendre que leur déclaration du 23 novembre ne signifie pas la fin de l'idée d'un Congrès à Sotchi) ; la présence et l'activité de l'Iran et de son allié le Hezbollah sur le futur territoire syrien pacifique ; le rôle politique de Bachar-al Assad dans une future Syrie.

Comme cela semble évident, en fait, ces demandes et ces obstacles ne sont pas tous sur la même ligne de temps, d'où très probablement l'initiative de la Russie pour un tel Congrès, ainsi que la capacité de la Russie à obtenir le soutien de l'Iran et de la Turquie pour cette idée.

En effet, le Congrès est un lieu de discussion et c'est le plus petit dénominateur commun possible. Il s'agit d'amener tous les acteurs à accepter de discuter, plutôt que d'amener tous les acteurs à se mettre d'accord sur quelque chose, même si une certaine forme d'accord sera également nécessaire à un moment donné. Mais l'obtention de certains accords fera partie d'une deuxième étape, une fois que les acteurs auront commencé à discuter. Par conséquent, la convocation d'un Congrès en premier a plus de chances de réussir que l'organisation immédiate de pourparlers à Genève qui visent directement à s'entendre sur une paix spécifique et qui devraient directement s'affronter sur des exigences inconciliables.

Un congrès à Sotchi n'est pas opposé aux pourparlers de paix à Genève, au contraire. Il s'agit d'un processus très progressif, qui prendra le temps nécessaire et qui pourrait idéalement se terminer par des pourparlers de paix à Genève. En outre, si l'idée de Sotchi échoue complètement, Genève ne sera pas entraînée dans ce processus et pourra toujours reprendre.

Impact sur les enjeux et les incertitudes

 ➄ à ➂ Une paix constructive pour la Syrie
Création d'une Syrie fédérale
 à  La survie des Kurdes Fédération de la Syrie du Nord
  à  Tension au Moyen-Orient

➚  L'influence de la Russie

Signaux

Rencontre avec le président iranien Hassan Rouhani et le président turc Recep Tayyip Erdogan

Les discussions ont été consacrées au processus de règlement syrien, en tenant compte du travail commun dans le cadre d'Astana. Les participants à la réunion ont discuté des prochaines étapes pour assurer la normalisation à long terme de la situation en Syrie. Une déclaration commune des présidents de l'Iran, de la Russie et de la Turquie a été adoptée à l'issue des discussions.

Déclaration conjointe des présidents de l'Iran, de la Russie et de la Turquie

Le président de la République islamique d'Iran Hassan Rouhani, le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine et le président de la République de Turquie Recep Tayyip Erdogan, réunis à Sotchi le 22 novembre 2017 pour la réunion tripartite а, ont réaffirmé leur détermination à poursuivre la collaboration active entre l'Iran, la Russie et la Turquie en vue d'établir la paix et la stabilité en Syrie, envisagée par la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

La réunion de l'opposition syrienne à Riyad ne voit aucun rôle pour Assad dans la transition

RIYADH/AMMAN (Reuters) - La principale opposition syrienne est restée bloquée jeudi sur sa demande que le président Bachar al-Assad ne joue aucun rôle dans une période intérimaire dans le cadre d'un accord de paix parrainé par l'ONU, malgré les spéculations selon lesquelles elle pourrait assouplir sa position en raison de la force d'Assad sur le champ de bataille.

Publié par Dr Helene Lavoix (MSc PhD Lond)

Dr Hélène Lavoix, PhD Lond (relations internationales), est le président/CEO de la Red Team Analysis Society. Elle est spécialisée en prospective et alerte précoce stratégiques (S&W) pour les questions de sécurité nationale et internationale. Elle se concentre actuellement sur la montée en puissance de la Chine, la pandémie de COVID-19, la méthodologie du SF&W, la radicalisation, les environnements extrêmes ainsi que sur les problématiques des nouvelles technologies (IA, QIS, monde virtuel) du point de vue de la sécurité internationale.

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