Vous trouverez ci-dessous notre scan hebdomadaire du 5 novembre 2020 pour les problématiques de risques globaux, politiques et géopolitiques (libre accès).

Éditorial:: Nous avons choisi comme article vedette un billet* expliquant comment un livre, publié par la presse du MIT, et donc entouré d'une aura scientifique - le livre a en effet été évalué par des pairs - a été écrit en un mois.

Qui peut sérieusement croire que n'importe qui, aussi intelligent et travailleur soit-il, peut écrire un chapitre scientifique incluant de la recherche en un jour, et répéter cet exploit pendant 8 jours (le livre comporte 8 chapitres), comme s'en vante l'auteur ?

C'est une question cruciale car une partie du problème auquel nous sommes confrontés avec la COVID-19 et la manière dont les gouvernements et la population gèrent la pandémie est liée au statut et à la légitimité des connaissances et de la science.

En parcourant le livre, le texte semble être un mélange de généralités, d'idées parfois intéressantes, mais aussi d'inexactitudes ou, pire, d'affirmations carrément fausses, ne tenant pas compte notamment du peu que nous savons et connaissions au moment de la rédaction (avril et mai 2020) sur le SRAS-CoV-2 et la COVID-19.

Il est vrai que j'aurais besoin de beaucoup plus de temps pour examiner le livre de manière détaillée et correcte. Cependant, par souci de proportionnalité, si un livre est écrit en un mois, je ne dispose probablement pas de plus de 5 minutes pour le lire (et j'ai certainement déjà utilisé plus de temps que les 5 minutes qui m'étaient allouées sur ce livre).

Ce livre mérite-t-il d'être considéré comme un livre scientifique ? Si je me souviens bien de ce que l'on attend des doctorants, alors je ne suis pas sûr que le livre remplisse les conditions requises. Evidemment, on ne peut pas s'attendre à ce que quiconque fasse une contribution à la science en un mois ! Le Dr Gans, l'auteur, titulaire d'un doctorat en économie, serait certainement d'accord. Il est vrai que les MIT Press ne qualifient pas, en fait, le livre de scientifique. Ce que nous apprenons est que "la mission des MIT Press, nous met au défi de répondre au besoin d'informations fiables à un tel moment. Dans cet esprit, nous vous proposons un nouveau livre, L'économie à l'ère de la COVID-19 par Joshua Gans…. La publication de ce livre reflète notre effort pour répondre rapidement au besoin d'information sans sacrifier la rigueur ou la qualité éditoriale".

Les MIT Press ont-elles réussi ? Et un tel objectif en vaut-il la peine ? Imaginez si les épidémiologistes ou les virologistes, par exemple, adoptaient une telle approche pour le COVID-19 et le SRAS-CoV-2. Serait-ce acceptable ?

Un tel livre justifie-t-il le temps de l'auteur, puisqu'on lui a demandé cet exploit, le temps des critiques et le temps des lecteurs ? Sachant que la connaissance scientifique exige généralement de lire d'abord ce qui a été compris, ce livre justifie-t-il d'être ajouté à l'énorme pile de connaissances que nous devons prendre en compte ?

Au contraire, ce type de livres ne contribue-t-il pas plutôt à détruire davantage la science, la connaissance et la compréhension, ajoutant ainsi aux menaces actuelles auxquelles nous devons faire face ?

*Ce texte fait partie d'une série publiée par le blog de la LSE "Impact of Social Sciences".Rapide ou précipité ? exploring rapid response publishing in covid times" et est republié dans The Conversation.


Grâce au scan (balayage d'horizon), chaque semaine, nous recueillons des signaux faibles - et moins faibles. Ceux-ci indiquent des problèmes nouveaux, émergents, en voie d'intensification ou, au contraire, de stabilisation. En conséquence, ils indiquent comment les tendances ou les dynamiques évoluent.

Le 5 novembre 2020 scan→

Balayage d'horizon (Horizon scanning), signaux faibles et biais

Nous caractérisons des signaux comme faibles, lorsqu'il est encore difficile de les discerner parmi un vaste éventail d'événements. Cependant, nos biais cognitifs altèrent souvent notre capacité à mesurer la force d'un signal. Par conséquent, la perception de la force d'un signal variera, en fait, en fonction de la conscience de l'acteur. Au pire, les biais cognitifs peuvent être si forts qu'ils bloquent complètement l'identification même du signal.

Dans le domaine de la prévision, de la prévention et de l'alerte précoce stratégiques, de la gestion des risques et des études prospectives, il appartient aux bons analystes de faire des scans ou balayages d'horizon. Ainsi, ils peuvent percevoir et identifier les signaux. Les analystes évaluent ensuite la force de ces signaux en fonction de risques et de dynamiques spécifiques. Enfin, ils livrent leurs conclusions aux utilisateurs. Ces utilisateurs peuvent être d'autres analystes, leur hiérarchie ou des décideurs.

Vous pouvez trouver une explication plus détaillée dans l'un de nos articles de fond : Balayage d'horizon (horizon scanning) et veille pour l'alerte précoce : Définition et pratique.

Les sections du scan

Chaque section se concentre sur les signaux liés à un thème spécifique :

  • monde (politique internationale et géopolitique) ;
  • économie ;
  • la science, y compris l'IA, le QIS, la technologie et les armes, ;
  • l'analyse, la stratégie et l'avenir ;
  • la pandémie de Covid-19 ;
  • l'énergie et l'environnement.

Cependant, dans un monde complexe, les catégories ne sont qu'un moyen pratique de présenter des informations, alors que faits et événements interagissent au-delà des frontières.

Les informations recueillies (crowdsourcing) ne signifient pas que nous les cautionnons.

Image : Voie lactée au-dessus de SPECULOOS / La recherche de planètes habitables - EClipsing ULtra-cOOl Stars (SPECULOOS) est à la recherche de planètes semblables à la Terre autour de minuscules et faibles étoiles devant un panorama de la Voie lactée. Crédit : ESO/P. Horálek.

Publié par Dr Helene Lavoix (MSc PhD Lond)

Dr Hélène Lavoix, PhD Lond (relations internationales), est le président/CEO de la Red Team Analysis Society. Elle est spécialisée en prospective et alerte précoce stratégiques (S&W) pour les questions de sécurité nationale et internationale. Elle se concentre actuellement sur la montée en puissance de la Chine, la pandémie de COVID-19, la méthodologie du SF&W, la radicalisation, les environnements extrêmes ainsi que sur les problématiques des nouvelles technologies (IA, QIS, monde virtuel) du point de vue de la sécurité internationale.

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