(Conception artistique : Jean-Dominique Lavoix-Carli)

La cinquième vague mondiale de la pandémie de COVID-19 a maintenant commencé. Devons-nous nous en inquiéter ? Quelle sera sa létalité ?

Cet article et le suivant se concentreront sur les effets directs sur la santé de la cinquième vague de la pandémie de COVID-19. En effet, ces impacts sont ceux qui déterminent tous les autres. Nous nous intéressons ici à la létalité potentielle de la cinquième vague. Le prochain article traitera du Long-Covid, un aspect essentiel mais rarement pris en compte de la pandémie.

Nous nous concentrons d'abord, ici, sur la létalité des vagues précédentes et examinons si un modèle émerge. Nous abordons ensuite les différents facteurs qui auront un impact sur la létalité de la cinquième vague, notamment les deux traitements antiviraux de Merck et Pfizer et la diminution de l'immunité vaccinale après six mois. Nous utilisons les États-Unis comme étude de cas et, en ajoutant le cas d'Israël, nous déduisons les tendances mondiales possibles. Nous mettons également en évidence certains obstacles auxquels les autorités politiques pourraient être confrontées concernant l'acceptation de la troisième dose.

This series on impacts of the COVID-19 fifth wave is the second part of the previous article: “Vers une cinquième vague de Covid-19 ?“. There, we assessed it was very likely the global start of the fifth wave of the COVID-19 pandemic had taken place at the end of October 2021. There we also highlighted the factors that would shape this fifth wave. We now use the elements identified in this first article as basis to ground our evaluation of impacts.

Des vagues meurtrières de Covid-19 au niveau mondial

En utilisant les statistiques mondiales disponibles, nous trouvons, sans surprise, une périodicité des vagues de décès similaire à celle que nous avions trouvée pour la contagion.

Infections et décès mondiaux dus au COVID-19 entre janvier 2020 et le 5 novembre 2021 (source Reuters COVID-19 Global tracker).

L'impact mortel des vagues de contagion

Deadly impact in two phases for the first global contamination rise – until 17 October 2020

The first wave – the global contamination rise – lasted from December 2019 to 9 October 2020. It corresponds to a wave of deaths that lasted until 17 October 2020, i.e. 8 days after the turn towards the second wave of contamination.

Nous avons ici deux phases distinctes. La première phase atteint un pic autour du 15 avril 2020 avec 8.905 décès par jour, puis diminue jusqu'à atteindre à 4.677 décès le 26 mai 2020 et 3.628 le 1er juin. Il s'agit du plus faible nombre de décès au niveau mondial depuis le début de la pandémie. Au 3 novembre 2021 (8.078 décès), nous n'avons pas encore ramené le nombre de décès quotidiens à ce chiffre.

Au tout début de la pandémie, le nombre élevé de décès par rapport au faible nombre d'infections montre une impréparation mondiale ainsi que le manque de compréhension médicale d'alors de ce qui était une maladie totalement nouvelle.

La deuxième phase de cette première vague est un plateau qui monte lentement de 4,677 à 6,056 décès par jour, avec de petits pics, montrant la propagation mondiale de la maladie, alors que les connaissances médicales s'améliorent néanmoins.

Comparaison des décès annuels mondiaux dus à la grippe en 2019 et des décès de la 1ère vague de COVID19

As a whole 1,16 million people lost their lives during this first wave (figures from “Cumulative confirmed COVID-19 cases and deaths, World“, Our World in Data).

A titre de comparaison, une étude de 2019 estime que le nombre mondial de décès dus à la grippe s'élève à 400.000 par an, soit près de trois fois moins (Paget, John et al. "Global mortality associated with seasonal influenza epidemics: New burden estimates and predictors from the GLaMOR Project” Journal of global health vol. 9,2, 2019, doi:10.7189/jogh.09.020421).

De la deuxième à la quatrième vague

La deuxième vague

La deuxième vague de décès a duré du 17 octobre 2020 au 9 mars 2021, avec un minimum de 10.524 décès par jour. La forme suit de près celle de la vague de contamination avec un premier pic le 22 décembre 2020 à 15.430 décès par jour suivi d'un pic plus élevé le 27 janvier à 18.357 décès par jour. Cette vague a duré environ quatre mois et trois semaines.

La deuxième vague représente 1,54 million de décès.

Compared with the second wave of contamination, the deadly wave started one week later, the peak of daily deaths took place 13 days after the contagion peak, and the end of the wave took place 20 days after the end of the wave of infections.

La troisième vague

La troisième vague, en termes de décès quotidiens, a donc commencé aux alentours du 10 mars 2021 et s'est poursuivie jusqu'au 28 juin, atteignant alors 6.909 décès, soit 65% par rapport au creux précédent. Le pic s'est produit autour du 28 avril avec 15.471 décès, soit 84% du pic précédent. La vague a donc duré environ 3 mois et deux semaines.

Par rapport aux infections, la vague meurtrière a commencé 3 semaines plus tard, le pic s'est produit étonnamment un jour avant le pic des contagions. La vague meurtrière s'est terminée une semaine après la vague d'infections.

Nombre de décès cumulés par vague de la pandémie de COVID-19 de janvier 2020 à octobre 2021 et réévaluation pour l'Inde.

The third wave represents 1,23 million deaths. Actually, it is likely this figure is vastly underestimated. Indeed, the third wave includes the tragic spread of the Delta variant in India. A study using three different types of methodologies concluded that the death toll for India only between the start of the pandemic and June 2021 could be between 3.4 million and 4.9 million excess deaths (Abhishek Anand , Justin Sandefur and Arvind Subramanian, “Three New Estimates of India’s All-Cause Excess Mortality during the COVID-19“, Center for Global Development, 20 July 2021. These figures must be compared with the official death toll that counts 339.053 death on 1st June and 399.459 on 30 June 2021 (e.g. Financial Times).

La quatrième vague

The fourth deadly wave started around 28 June 2021, lasting until 17 October 2021 with 4.067 daily deaths, i.e. 59% of the previous low. The peak occurred around 26 August 11.717 deaths, i.e. 75% of the previous peak. The wave lasted around 3 months and slightly less than 3 weeks.

Par rapport aux infections, la vague meurtrière a commencé une semaine plus tard, le pic s'est également produit une semaine après le pic des contagions. Elle s'est terminée le même jour que la vague d'infections. En d'autres termes, la cinquième vague a commencé à se faire sentir de manière surprenante en termes de décès sans aucun décalage dans le temps. Cela provient probablement des différents stades des vagues pour les différents pays, combinés à une vaccination et une immunité induite variables. Cela montre les limites de ce qui peut être fait et compris en ce qui concerne la létalité lorsqu'on utilise uniquement des données globales aggrégées.

Comparaison du nombre total de décès du fait des guerres (combat) pour les Etats-Unis avec la quatrième vague de COVID-19 (sources : voir texte)

La quatrième vague représente 0,97 million de décès.

Pour mieux comprendre ce que cela signifie dans la réalité, donnons quelques comparaisons.

For the U.S., during the fourth wave, 131.276 (732.634 – 601.358) Americans died of COVID-19. This is 2,46 times more than the Americans who died fighting during World War I (53.402), almost half (45%) of those who died during World War II (291,557), 3,88 times more than those who died fighting during the Korean War (33,686), 2,76 times more than those who died fighting during the Vietnam War (47,434) (Wikipedia, Victimes militaires américaines de la guerre). Et ceci pour la moins meurtrière des trois dernières vagues de COVID-19.

Comparison total number of deaths (all causes) for the US during its most deadly wars and the COVID-19 pandemic (up to 7 Nov. 2021) – (Sources: see text).

Bien entendu, l'importance relative des guerres par rapport aux vagues pandémiques varie selon les pays. Toutefois, compte tenu de l'influence des États-Unis dans le monde en tant que superpuissance, il est essentiel de comprendre que le COVID-19 a été jusqu'à présent plus meurtrier pour les États-Unis que toute autre guerre qu'ils ont menée dans le monde.

The COVID-19 has killed more Americans than World War II that counted 405.399 American deaths (all causes of death – Wikipedia, ibid.). The pandemic has even been more deadly than the Civil War (1861–1865), the most lethal conflict the U.S. has ever known so far. Then, the number of deaths is estimated to 655.000, while by 7 November 2021, the COVID-19 pandemic has killed 752.196 Americans (Données du CDC, 7 novembre 2021).

Un modèle pour la létalité des vagues ?

Que pouvons-nous déduire de la létalité des quatre premières vagues de COVID-19 ? Y a-t-il un schéma et une évolution qui se dessinent et qui pourraient nous aider à évaluer la létalité pour l'avenir et plus particulièrement pour la cinquième vague ?

En ce qui concerne la létalité, la périodicité et la longueur des vagues sont beaucoup moins régulières que celles des infections. De même, la relation entre, d'une part, la vague d'infections et, d'autre part, son impact, le nombre de personnes décédées, est également irrégulière.

Les principales raisons pour ces différences et irrégularités résident probablement notamment dans les capacités très diverses des systèmes de santé selon les pays, ainsi que dans l'hétérogénéité du type, de la disponibilité, et de la diffusion des traitements pharmaceutiques et des vaccins.

If we do not consider the very likely reality of the third wave in India compared with official estimates – which is a very big if – then, since the second wave, we see an overall diminution of the lethality of the waves of COVID-19.

The global trend for the last three waves would tend to indicate a diminution of the height of the waves – the peaks of daily deaths are successively lower for each wave, while the lower points are also similarly lower. Again, the reasons for this overall diminution of deaths are most probably a mix between an improvement of medical treatment and capabilities of health systems to handle the illness, alongside the spread of vaccination.

Ainsi, en observant cette tendance générale, nous pourrions commencer notre évaluation avec, comme base de référence, une vague de décès qui dure jusqu'à la fin de la vague d'infections, c'est-à-dire autour du 20 février 2022 et qui atteint un pic entre le 20 décembre 2021 et le 20 janvier 2022. Si la tendance favorable vers des vagues moins meurtrières de la pandémie se poursuit, nous pourrions avoir un pic autour de 50% de la vague précédente, soit 5.858 décès, et un creux autour de 50% de la vague précédente, soit 2.034 décès.

Cependant, la réalité de l'impact du variant Delta en Inde ne peut être ignorée. Cela souligne avec force que nos efforts collectifs mondiaux doivent être dirigés vers la prévention de l'émergence et de la propagation des "variants of concern" (VoC - variants préoccupants). Ils constituent en effet un facteur majeur de létalité.

Our total inability to anticipate the emergence of new VoC, apart knowing that the more the virus circulate, the more likely a VoC will emerge makes it difficult to assess in advance the lethality of a wave. However, as we saw, borders’ control throughout the world, and notably in the U.S. are being relaxed (see Vers une cinquième vague de Covid-19 ?; Reuters, "What you need to know about the new U.S. international air travel rules“, 7 November 2021). This considerably heightens the likelihood to see a VoC emerging and spreading, hopefully not for the fifth wave.

Besides VoC, assuming health systems capabilities and medical practice remain constant the availability of new treatments, vaccination and the length of induced immunity are the factors most likely to influence the lethality of the wave, as we shall now see.

Facteurs influençant la létalité des vagues pandémiques de COVID-19

Trop tôt ou juste à temps pour les nouveaux traitements antiviraux ?

En octobre et novembre 2021, deux nouveaux traitements antiviraux, faciles à administrer, ont fait leur apparition. Quels sont ces traitements ? Sont-ils les traitements anti-COVID-19 qui nous permettront de vaincre enfin la pandémie ?

Monulpiravir (Lavgevrio en Grande-Bretagne)

U.S.-based Merck & Co Inc and Ridgeback Biotherapeutics developed the new antiviral pill using the molecule molnupiravir. It has been authorised in the UK on 4 November 2021 under the name Lavgevrio and could have a positive impact on lethality (Pushkala Aripaka, “Britain approves Merck’s COVID-19 pill in world first“, Reuters, 5 novembre 2021).

As explained in the video below, Merck’s pills aims “to introduce errors into the genetic code of the virus” and thus generates random mutations (Deena Beasley, “Explainer: How does Merck’s COVID-19 pill compare to Pfizer’s?“, Reuters, 8 novembre 2021). On pense également que, de ce fait, les variants préoccupants n'évolueront pas, car les mutations sont aléatoires (ibid.).

At the probable start of the fifth wave of COVID-19, we only have the results of the phase III trial of the company, stemming from “a planned interim analysis [that] evaluated data from 775 patients” (Merck, Communiqué de presse du 1er octobre 2021). According to the company, if “at risk, non-hospitalized adult patients with mild-to-moderate COVID-19″ receive twice a day four pills for five days within five days of the onset of symptoms, then “molnupiravir reduced the risk of hospitalization or death by approximately 50%” (Ibid.; Aripaka, “Britain approves Merck’s COVID-19 pill in world first“, Reuters, 5 November 2021; Deena Beasley, “Explainer: How does Merck’s COVID-19 pill compare to Pfizer’s?“, Reuters, 8 novembre 2021).

The very interesting video by Dr. Seheult of Medcram helps understanding better the new treatment, how it works and the trials.

Merck COVID Pill (Molnupiravir): A New Treatment Option? (Coronavirus Update 130) by Dr. Seheult of Medcram – 20 October 2021

Pour les lecteurs qui ne maîtrisent pas l'anglais, utilisez les sous-titres traduits :

Click on the small wheel (“Settings”) just before Youtube on the bottom right hand side of the video player.

Click on “subtitles”, then on “auto-translate” and then choose your language.

Furthermore, the way Great Britain will use the pills is still experimental (Aripaka, ibid.). Finally, safety data for the drug are not public for now (Aripaka, ibid.).

Pfizer’s Paxlovid

Pfizer’s drug is not yet authorised on 8 November 2021 and was annouced by the company on 5 November 2021 (Pfizer, Communiqué de presse). It will be commercialised under the name Paxlovid (Ibid.).

The active molecule, used in combination with an older antiviral ritonavir, is “part of a class known as protease inhibitors designed to block an enzyme that the coronavirus needs to multiply. Pfizer said that because the drug targets a part of the virus essential to replication, the pathogen cannot become resistant to the treatment” (Beasley, “Explicatif", Ibid.).

Pfizer phase 2/3 trial for the “Evaluation of Protease Inhibition for COVID-19 in High-Risk Patients” began enrollment in July 2021, and two other studies, one for Standard-Risk Patients and one for Post-Exposure Prophylaxis are still ongoing (Pfizer, Communiqué de presse, 5 November 2021). “The primary analysis of the interim data set evaluated data from 1219 adults who were enrolled by September 29, 2021” (Ibid.). Safety evaluation used a larger cohort of 1881 patients and continues (Ibid.).

According to Pfizer, for high risk patients, the drug was found to reduce the risk of hospitalisation or death by 89% if given within three days of symptom onset and by 85% if given within five days (Ibid.). Pfizer’s regimen is three pills in the morning and three pills at night (Beasley, “Explicatif", Ibid.).

Trop tôt pour un impact global sur la cinquième vague ?

Results for Pfizer’s drug are thus much better than for Merck’s pills, and because they involve less pills might be more easily available. However, as for Merck, there are no independent studies, the number of patients who have used the pills is small and the trials are so recent that secondary effects, especially on medium and long term, can hardly be known with certainty.

Il est donc trop tôt pour envisager une utilisation généralisée et mondiale de ces médicaments et pour prendre en compte leur impact. En outre, pour envisager un tel impact mondial, il faudrait également tenir compte de la fabrication.

Il faudra suivre de près ce qui se passe au Royaume-Uni concernant l'utilisation du Molnupiravir.

Mais la panique conduit les autorités politiques à écarter le principe de précaution

Nonetheless, we should also note that countries, for example Indonesia as well as “The United States, Malaysia, South Korea, Singapore, Thailand and the Philippines”, are hurrying up to authorise and pre-order Merck’s treatments, and most probably Pfizer’s (Reuters, “Indonesia reviewing Merck COVID-19 pill, up to 1 mln doses targeted“, 8 November 2021; Merck, Communiqué de presse du 1er octobre 2021; Pfizer’s news. Ibid.). They may thus have impacts – positive and negative – earlier than caution and safety would require.

It is worth here highlighting again that, usually, discovering a new drug and especially testing it takes a much longer time than what was done in the two cases of the antiviral pills, for example the 3 months of phase 2/3 trial for Pfizer, as we stressed in our earlier article “Traitements antiviraux du COVID-19 et scénarios" :

Une fois découvert, le nouveau médicament potentiel devra passer par tout le processus d'essai et de développement, y compris les essais cliniques (par ex. Découverte et développement de médicaments dans l'UEU.S. Biopharmaceutical Research & Development).

Classiquement - c'est-à-dire lorsque nous ne sommes pas en mode d'urgence - ce processus prend 10 à 15 ans (Drug discovery, Ibid.) comme le montre l'image ci-dessous :

Helene Lavoix, “Traitements antiviraux du COVID-19 et scénarios“, The Red Team Analysis Society, 30 March 2020.
EU Drug Discovery and Development, p.11.

Ici, les phases des essais cliniques ont été extraordinairement réduites. Si tout se passe bien, alors tout sera parfait et l'optimisme triomphera. Dans le cas contraire, nous pourrions être confrontés à une catastrophe tragique, voire à des catastrophes multiples. La règle en matière de prospective stratégique et d'alerte précoce est de toujours envisager des scénarios à fort impact, même si le scénario est peu probable, par exemple en élaborant des scénarios de type "wild cards/jokers" (voir Cours sur les scénarios). C'est ce qu'il faudrait impérativement faire ici.

En attendant, la fabrication de ces médicaments ne fait que commencer. Cependant, Merck affirme qu'il pourrait avoir fabriqué 10 millions de cures de son traitement d'ici la fin de 2021 et davantage pour 2022, au moins 20 millions selon Beasley pour Reuters (Merck, Communiqué de presse du 1er octobre 2021; Beasley, “Explicatif“, Ibid.). For its part, Pfizer would have 180.000 courses ready by the end of 2021, and 50 millon by the end of 2022 (Beasley, “Explicatif“, Ibid.). Thus should these announcements all be correct and no bad surprise emerge, then severe illnesses and deaths could be significantly reduced (at least by 50%) for countries taking these drugs, before the end of the fifth wave.

Nous devrions considérer l'utilisation généralisée de ces pilules, dans un premier temps, comme une aberration (outlier), mais la surveiller néanmoins de près.

Pour l'instant, pour la cinquième vague, la vaccination reste le facteur majeur à considérer comme pouvant modifier la létalité de cette vague.

Vaccination, immunité et létalité

Si nous voulons avoir une meilleure évaluation de la létalité de la cinquième vague de COVID-19, nous devons donc prendre en compte la vaccination, ses dynamiques et ses effets.

Sécurité de la troisième dose

Note that we shall assume below that there are no serious side effects and safety concerns on the medium to long term for the third dose of vaccination. The existence or absence of such safety concerns is so far unknown. Israel, the first country to do so, authorised the administration of the so called “booster shot” on 30 July 2021 (Yinon M. Bar-On, “Protection of BNT162b2 Vaccine Booster against Covid-19 in Israel“, October 7, 2021, N Engl J Med, 2021 ; 385:1393-1400, DOI : 10.1056/NEJMoa2114255). Il est donc trop tôt pour savoir s'il y a des effets négatifs à moyen ou long terme.

On the short term, according to the ongoing monitoring of the U.S. CDC (the US started administering booster shots on 12 August 2021), most effects reported were similar to those of the first doses (“Fever, headache, fatigue and pain at the injection site were the most commonly reported side effects”). They are estimated as “mild to moderate” (for 92% to 94% of reports). Nonetheless, 6% of reports were tagged as “serious” (“réactions signalées after getting a booster shot”, on data “from August 12–October 10, 2021 for persons aged 12 years and older”).

Quand l'immunité vaccinale diminue

For our purpose, most aggregated statistics available are difficult to use. Indeed, these statistics were created for the initial “race to vaccination”, which took place during the first semester of 2021. They thus tend to show mainly the percentage of a population that has received one dose or two doses of vaccines, sometimes using the more relevant criteria of full vaccination scheme. Then they compare countries.

Cependant, ce qui nous importe, ce n'est pas seulement la proportion de la population qui bénéficie d'un programme de vaccination complet, ni le degré d'avancement ou de retard d'un pays par rapport aux autres, mais aussi le moment où la vaccination a eu lieu et pour quelle proportion de la population.

Expliquons plus en détail pourquoi cela est important.

Vaccinal immunity wanes “considerably” six months after the full vaccinal scheme

Comme nous l'avons vu dans article précédent, as the case of Israel shows, and as most governments now admit when they emphasise the need for a third dose, the immunity induced by many vaccines against the COVID-19 wanes. This waning certainly takes place after six months, and even possibly before according to vaccines (e.g. US CDC “Infections in fully vaccinated persons: clinical implications and transmission” in Science Brief: COVID-19 Vaccines and Vaccination – mise à jour 15 septembre 2021; Matthew Loh and Hilary Brueck, “Pfizer’s COVID-19 protection against infection may wane in months, but it still prevents hospitalization and death for at least 6, new studies suggest“, Insider, 8 octobre 2021).

C'est également vrai pour le vaccin chinois CoronaVac de Sinovac, les scientifiques ayant montré que l'immunité tombe après six mois. Une étude chinoise a conclu :

“Our study found that a two-dose vaccination schedule of CoronaVac (3 μg formulation) generated good immune memory. Although the neutralizing antibody titer dropped to low levels 6 months after the second dose, a third dose was highly effective at recalling a SARS-CoV-2-specific immune response, leading to a significant rebound in antibody levels.”

Hongxing Pan et al. “Immunogenicity and safety of a third dose, and immune persistence of CoronaVac vaccine in healthy adults aged 18-59 years: interim results from a double-blind, randomized, placebo-controlled phase 2 clinical trial“, medRxiv, 25 July 2021.”

Considering that such a large proportion of the world population uses the Chinese CoronaVac, which is administered in 26 countries and part of the global COVAX scheme, the results of Hongxing Pan et al. are key in terms of the global lethality of the fifth wave, as well as, potentially for next ones.

Mise à jour du 25 novembre 2021: Selon des études menées en Israël, une troisième dose administrée à 5 mois est très efficace pour augmenter la protection contre l'hospitalisation, les formes graves de COVID 19 et le décès, par rapport à deux doses administrées au moins cinq mois auparavant. Par exemple :

“Vaccine effectiveness evaluated at least 7 days after receipt of the third dose, compared with receiving only two doses at least 5 months ago, was estimated to be 93% (231 events for two doses vs 29 événements pour trois doses ; 95% CI 88-97) pour l'admission à l'hôpital, 92% (157 vs 17 événements ; 82-97) pour la maladie grave, et 81% (44 vs seven events; 59–97) for COVID-19-related death.”

Noam Barda, MD et al., “Efficacité d'une troisième dose du vaccin COVID-19 à ARNm BNT162b2 pour la prévention des issues graves en Israël : une étude observationnelle“, The Lancet,
Publié :29 octobre 2021, DOI:https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)02249-2

Il aurait été intéressant d'avoir des études similaires vérifiant plus précisément quand le schéma complet de vaccination a eu lieu (il y a 5 mois, 6 mois, 7 mois par exemple) pour avoir une meilleure compréhension du renforcement de l'immunité d'une part, de son déclin d'autre part. Les calculs ci-dessous sont faits sur la base d'un délai de 6 mois pour une injection de rappel impérativement nécessaire et non de 5 mois. Si jamais le déclin vraiment dangereux se généralisait à 5 mois, alors les résultats ci-dessous doivent être adaptés en conséquence, la charge et les risques sont accrus.

Diminution de l'immunité après six mois et impact sur la létalité d'une vague

Thus, to estimate the lethality of the fifth wave, we must consider that at approximately 180 days after full vaccination, because levels of antibody will have strongly declined, the severity and lethality of the COVID-19 tends towards levels “similar” to those that would be known without vaccination. We do not know how fast a return to full lethality of the COVID-19 will take place. We do not know the proportion of the population who will be at risk and when. Both are nonetheless significant enough, considering studies and what happened in Israel (see article précédent).

Cependant, lorsqu'une troisième dose est administrée, la protection renforcée contre la gravité et la létalité du COVID-19 revient, pour une durée inconnue. Nous ne saurons que si la durée de l'immunisation après la troisième dose est supérieure à six mois, au plus tôt de fin janvier à mi-février 2022, car les troisièmes doses ont commencé à être administrées en Israël le 30 juillet 2021 et aux Etats-Unis le 12 août 2021 (Ibid., CDC note 2), en supposant qu'aucun autre variant préoccupant n'émerge et se propage.

We had warned about the key uncertainty relative to the length of immunity and the impacts on the idea of herd immunity as well as on the need for follow up vaccines in our article “La vaccination contre le COVID-19, espoir ou mirage ?” in October 2020. Knowing that if there is critical uncertainty, then we need to monitor the evolution of the key factors, as well as, preferably, to create scenarios, political and health authorities should not be surprised by the reality of the current situation. If an actor is surprised, then it means this actor should urgently revise its system of early warning (see our related formation et cours en ligne).

La baisse de l'immunité vaccinale, quel impact sur la létalité d'une vague ? Le cas des États-Unis.

Nous savons maintenant qu'il y aura un impact, qu'il se produira après six mois et qu'il aurait dû être surveillé. Cependant, quelle pourrait être l'ampleur de cet impact ?

Nous sommes dans le domaine des tendances car nous ne savons pas exactement comment cette dynamique fonctionne.

Les chiffres du Financial Times que nous utilisons ici, car ils fournissent les séries historiques multipays dont nous avons besoin, prennent en compte toutes les vaccinations, quel que soit l'âge. Les moins de 18 ans sont inclus de façon croissante dans ces statistiques de vaccination, mais comme ces vaccinations spécifiques (par tranches d'âges) varient selon les pays et les dates, des distorsions peuvent être introduites lorsqu'on essaie d'évaluer la létalité.

Nous sommes donc ici plutôt dans le domaine des estimations brutes. D'autres recherches détaillées au niveau des pays seraient nécessaires. Il est néanmoins intéressant de regarder avec attention ce qui pourrait se passer.

Par exemple, les États-Unis ont vacciné entre 8,6% de leur population le 5 mars 2021 et 40,6 % le 1er juin (Données du Financial Times – all ages). Thus, using the 180 days/six months interval, this means that on 5 September 2021 8,6% of its population needed a third dose or risked severe illness and death. By 1st December 2021, it is 40.6% of the population, whatever the age, that will need to have received a third dose.

Let us continue with the U.S. The country started administering the 3rd dose on 13 August 2021. On 4 November 2021, 11.9% of fully vaccinated Americans above 18 years old (11.1% of the total vaccinated population) had received their third dose (Statistiques du CDC). If the 6 months limit for immunity is correct, we should look at the number of people vaccinated six months before 4 November 21, i.e. 4 May, to have an idea of the gap between those who have received their 3rd dose and those who should have received it. This gap represents the people who are facing increased risks of serious illness and death, if they become infected by the SARS-CoV-2. On 4 May 2021 31.7% of the Americans were fully vaccinated. Hence, on 4 November 2021, using total figures, 20,6% (31,7 – 11,1) of Americans are facing again rapidly rising risks of severe COVID or death. Actually this statement should be revised per categories of population (age, comorbidity etc.).

Thus, on 4 November 2021, the total number of Americans truly protected by vaccination is only 37,6% (58, 2 – 31, 7 + 11,1).

Cela arrive alors que le pays ouvre ses frontières, notamment aux voyages aériens (voir Vers une cinquième vague de Covid-19 ?; Reuters, "What you need to know about the new U.S. international air travel rules“, 7 November 2021).

Note that if we use the proportion of Americans over 18 years old for the current level of vaccination and of booster doses, we obtain a larger coverage of 50,1% (69,9 – 31,7 + 11,9). This figure is however probably incorrect as the historical number for May given by the FT concerns the total of people vaccinated, irrespective of ages.

The U.S. thus starts the fifth wave with 30,1% of its population over 18 years old not vaccinated at all and 20,6% of the total U.S. vaccinated population facing renewed risks. The latter, furthermore, may be lulled into a sense of false security. By 1st December, as seen, it will be 40,6% of vaccinated people that will need a booster dose, knowing that on 4 November only 11,1% had received one. Thus 29,5% will need a booster dose. These figures will evolve with time as more people get a 3rd dose. We are nonetheless far from any herd immunity.

Now, let us look at what happened in the U.S. during the fourth wave (20 June to 20 October 2021). The fourth wave started apparently with 44,7% people vaccinated and ended with 56,4% vaccinated. We could thus think there is an improvement. However, we must consider the vaccinated people who were seeing their vaccine-induced immunity waning as the fourth wave progressed. These people who started being at risk again were those who had been fully vaccinated between 20 January (n.d.; less than 8,6%) and 20 April (25,8%) minus those who had received a booster dose.

The Americans really protected during the fourth wave decreased from 44,7% (minus an unknown number) on 20 June to 44% (52,5 – 8,5% on 5 March) plus those having received their booster dose on 5 September, to 30,6 % (56,4 – 25,8) plus those having received their booster dose 20 October (in the framework of an open-access article it is not possible to give more precise figures).

Par conséquent, au cours de la quatrième vague, 131.276 (732.634 – 601.358) Américains sont morts du COVID-19.

Let us assume that this corresponds to an average protection of 45%. If we imagine that the U.S will both slightly increase its vaccination of the population and accelerate its booster dose, we could take an average protection of 50% for the fifth wave, then we would have 119.341 deaths. The more third doses will be given and the more unvaccinated people will be fully vaccinated, the lower the actual figure will be.

Toutefois, nous ne pouvons utiliser ce type d'estimation brute que si les infections n'augmentent pas. Compte tenu de l'ouverture des frontières et des voyages (ibid.), de la diminution des interventions non pharmaceutiques et peut-être du sentiment que la pandémie est terminée, il est possible, pour ne pas dire très probable, que le nombre de décès s'aggrave.

Vaccination et baisse de l'immunité, faut-il s'inquiéter de la létalité mondiale de la cinquième vague ?

Il ressort clairement de l'exemple des États-Unis qu'il serait vain d'essayer de chiffrer la létalité de la cinquième vague mondiale sans entrer dans de longues simulations. Nous pouvons néanmoins évaluer si nous devons nous inquiéter ou non.

If we look again at Israel, between 20 June and 25 October 2021, cumulative deaths went from 6.427 to 8.049, i.e. 1.622 people died during the fourth wave. Comparatively, during the previous wave (21 November 20 – 21 April 20), 3.550 people died (6.346 – 2.796 – Our World in Data). Ainsi, la vaccination avec une immunité déclinante, mais avec certaines mesures non pharmaceutiques comme le rétablissement rapide du masque, et avec des frontières restant fermées, a conduit à une vague moins létale que précédemment par 54%.

À partir des cas israélien et américain, nous pouvons déduire que même si nous sommes très optimistes, nous devons néanmoins nous inquiéter de la cinquième vague.

Israël, un pays doté d'un niveau élevé de vaccination, d'un système médical très performant, d'une politique très réactive en matière d'intervention non pharmaceutique et d'une population peu nombreuse, a réussi à réduire de moitié seulement les décès causés par le virus lorsque la quatrième vague l'a frappé.

The U.S., for its part, is dedicated to vaccination, but has the highest number of deaths in the world caused by the pandemic including because of politically biased relationships to caution. Its perspective for the fifth wave are that many Americans will still die, probably more than 100.000, especially if borders are opened without caution.

Or, si l'on considère que le taux de vaccination dans le monde est encore très faible (2,994 milliards au 4 novembre 21, soit 37,89%), dont un nombre inconnu est déjà susceptible de retomber gravement malade et de mourir, les perspectives ne peuvent être très bonnes. Nous devrions nous préparer à affronter à nouveau une vague à létalité élevée (par rapport à l'absence de pandémie), notamment en raison de la réouverture des frontières.

Globally, in terms of vaccination an immense effort must still be made to fully vaccinate more than 60% of the world population. Yet, vaccination for the 3rd dose must, at the same time, be implemented for people already fully vaccinated, and that as soon as we reach 6 months after the last injection. The effort thus remains immense.

L'évaluation initiale faite à partir des 2e, 3e et 4e vagues était probablement trop optimiste, notamment parce que, pour les premières vagues, les frontières étaient fermées. Ce n'est plus cette orientation qui prévaut encore à l'aube de la cinquième vague.

Un obstacle de plus

Pour les pays qui ont déjà mis en œuvre une politique de vaccination, un obstacle supplémentaire peut exister, qui pourrait accroître la létalité.

Si les gouvernements ont incité leurs citoyens à se faire vacciner en leur promettant la fin de la pandémie et un retour à la période pré-pandémique, ces citoyens peuvent développer diverses réactions indésirables.

They may not believe a third dose is truly necessary, considering the bias called “belief perseverance” or “persistence of discredited evidence” (see "mitigating biases" ou "analytical modeling"). Ils peuvent ainsi être la proie des théories du complot. Ils peuvent également ne pas adopter un comportement approprié pour se protéger et protéger les autres.

Si les citoyens se rendent compte que la connaissance relative à l'affaiblissement de l'immunité après 6 mois était facilement disponible ou aurait pu être anticipée, alors qu'ils ont reçu un message contraire, ils peuvent alors penser que leur gouvernement est soit incompétent, soit menteur. Dans les deux cas, c'est une très mauvaise nouvelle pour la légitimité et la capacité dudit gouvernement à mettre en œuvre toute politique, y compris une campagne de vaccination de masse pour la troisième dose, ou toute autre campagne d'intervention non pharmaceutique.

Ainsi, selon les pays et selon le type de politiques utilisées pour la campagne de vaccination pour les deux premières doses, la cinquième vague peut devenir plus ou moins mortelle.

Conclusion

D'une manière générale et à l'échelle mondiale, la létalité, malgré les efforts déployés, risque fort de se poursuivre jusqu'à ce que la vaccination procure une immunité durable et prévienne également les infections. Nous devrions être d'autant plus inquiets que les risques d'émergence de nouvelles variants préoccupants restent élevés, comme on l'a vu (article précédent).

Les nouveaux traitements peuvent modifier complètement ces perspectives. Cependant, les risques liés à une large diffusion de ces traitements sont également très élevés, même s'ils ne se concrétisent que beaucoup plus tard.

Par conséquent, moins les frontières seront ouvertes sans tenir compte des 180 jours d'immunité, plus les interventions non pharmaceutiques, notamment les masques et les quarantaines, seront opérationnelles et rétablies avec souplesse, moins la cinquième vague sera meurtrière.

Publié par Dr Helene Lavoix (MSc PhD Lond)

Dr Hélène Lavoix, PhD Lond (relations internationales), est le président/CEO de la Red Team Analysis Society. Elle est spécialisée en prospective et alerte précoce stratégiques (S&W) pour les questions de sécurité nationale et internationale. Elle se concentre actuellement sur la montée en puissance de la Chine, la pandémie de COVID-19, la méthodologie du SF&W, la radicalisation, les environnements extrêmes ainsi que sur les problématiques des nouvelles technologies (IA, QIS, monde virtuel) du point de vue de la sécurité internationale.

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