"Le monde entier devrait savoir que nous ne permettrons jamais l'établissement d'un État de terreur au-delà de nos frontières dans le nord de la Syrie. ... Nous continuerons à écraser la tête des serpents dans leur nid. Voici mon message à ceux qui veulent bloquer les mesures que nous prendrons pour la survie de notre État et de notre nation..." Le Président Erdogan (Présidence de la République de Turquie, "Les pays que nous considérons comme nos amis ne voient aucun problème à coopérer avec les organisations terroristes"Fête de l'Aïd al-Fitr, branche d'Istanbul du parti AK, 25 juin 2017)

Il n'y a pas de moyen plus clair pour avertir tous les acteurs des intentions de la Turquie concernant la nouvelle politique dirigée par les Kurdes qui est en train de naître en Syrie. Pendant ce temps, le secrétaire américain à la défense Mattis a déclaré aux journalistes

"Il faut jouer très prudemment, plus on se rapproche, plus ça devient complexe." (Thomas Gibbons-Neff, "Mattis : Après Raqqa, le champ de bataille syrien ne fera que se compliquer"The Washington Post, 27 juin 2017)

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Le président Erdogan "Les pays que nous considérons comme nos amis ne voient aucun problème à coopérer avec les organisations terroristes", célébration de l'Aïd al-Fitr, branche d'Istanbul du parti AK, 25 juin 2017 - Présidence de la République de Turquie.
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Mehmûd Berxwedan, commandant des unités de défense populaire (YPG), s'adresse à la VOA - 30 juin 2017

On peut se demander si la guerre entre la Turquie et la Fédération de Syrie du Nord, donc la Syrie, n'est pas imminente. Des escarmouches transfrontalières entre les forces turques et kurdes ont lieu quotidiennement (Rudaw, “Un fonctionnaire turc déclare que Afrin à Rojava devrait être libéré de YPG"29 juin 2017). En conséquence, le vice-Premier ministre turc Veysi Kaynak pourrait déclarer aux journalistes que "l'Afrique est devenue une menace pour la sécurité de la Turquie" et "doit être débarrassée des terroristes". (Ibid.). Si les intentions et les justifications de la Turquie sont claires, les capacités d'attaque sont également présentes. En effet, la Turquie déploie de nouvelles troupes, "des chars, de l'artillerie et des véhicules blindés" dans le nord de la Syrie dans la région d'Azaz, de Marea et de Tel Rifaat, dans le cadre de la fourniture de forces aux zones de déconflit, ou "sûres", à Idlib comme cela a été décidé à Astana, ce qui permettrait également à la Turquie de bénéficier d'un corridor à l'intérieur de la Syrie, ( Tous les ingrédients sont donc réunis pour voir une attaque se déclencher, d'autant plus si la Turquie croit avoir le feu vert de la Russie et du gouvernement de Bachar al-Assad, ce qui est cependant moins que certain comme le suggère Tastekin (ibid.) et comme nous le verrons également plus loin.

En réponse, le 30 juin, le commandant des unités de défense du peuple (YPG), Mehmûd Berxwedan, a déclaré à la VOA que "la Turquie sera confrontée à une résistance historique si elle tente d'envahir Efrin [/Afrîn]," (Bureau des médias du GPJ30 juin 2017). Une campagne a également été lancée sur twitter pour tenter de recueillir des soutiens afin de protéger Afrîn autour du hashtag qui, entre-temps, illustre également la perception qu'ont les Kurdes de la Turquie :

La rencontre du 2 juillet 2017 entre le ministre russe de la défense Sergei Shoigu et le président turc Erdogan à Istanbul, dont le contenu reste inconnu mais qui comprenait très probablement aussi une discussion sur cette attaque imminente, pourrait freiner la Turquie ou retarder son attaque. En attendant, la puissance et l'influence de la Russie dans la région et sur la Turquie sont également mises à l'épreuve.

Compte tenu de l'escalade croissante de la dynamique entre la Turquie et les Kurdes syriens, nous allons d'abord examiner les enjeux de la construction de la politique au Kurdistan syrien. Nous aborderons ensuite la dernière étape du développement des institutions politiques en Syrie du Nord, avec la création de la Fédération de Syrie du Nord. Enfin, parce que des ressources sont nécessaires pour survivre, notamment en cas de guerre, nous examinerons le nouveau type de développement économique promu au sein de la Fédération de Syrie du Nord par le biais de coopératives, et nous donnerons une première estimation générale des chances de survie. Cette première estimation devrait certainement être confirmée par une analyse détaillée du scénario, d'autant plus que le brouillard de la guerre risque de s'épaissir à nouveau sur la Syrie.

Cet article fait partie d'une série visant à décrypter les facteurs à l'œuvre qui façonnent les différentes issues de la bataille de Raqqa et les développements connexes, et qui ont un impact sur l'avenir.

Les enjeux

Lire aussi :

La capacité de la partie kurde de la Syrie, ex-Rojava et maintenant Fédération de Syrie du Nord (voir ci-dessous), à résister aux pressions et menaces extérieures déterminera non seulement sa propre survie mais aura aussi un impact très fort sur l'avenir de la Syrie, ainsi que sur les risques pour la stabilité de la région, notamment dans ses relations avec la Turquie.

Jusqu'à présent, la guerre contre l'État islamique a permis l'émergence d'un nouveau régime politique, tandis que le succès de son émergence a également assuré la série de batailles victorieuses du nouveau régime contre la Khilafah (voir Hélène Lavoix, "La bataille de Raqqa, les Kurdes et la Turquie“, The Red Team Analysis Society2 mai 2017). Nous ne nous attarderons pas sur les Turquie, Syrie, Kurdes, Kurdistan, Rojava, YPG, Raqqa, SDF, Fédération de Syrie du Nord, guerre, scénarios, alerte, Russie, Erdogan, SDFLa capacité de la Fédération du Nord de la Syrie à se défendre militairement car ces dernières années ont non seulement contribué à l'entraînement de ses forces mais ont également démontré leur capacité à se battre et à gagner. Entre-temps, la priorité accordée à la menace de l'État islamique par les grandes puissances a protégé l'émergence de la Fédération de Syrie du Nord. Une fois Raqqa tombée, si la tendance actuelle se poursuit sans entrave (Rudaw, "Le SDF encercle Raqqa, coupe l'évasion de l'ISIS"(29 juin 2017), la menace perçue, notamment pour la Turquie et pour d'autres acteurs, syriens et non syriens, ayant des intérêts divers, passera au premier plan, tandis que le danger perçu de l'État islamique pour les grandes puissances extérieures à la région diminuera très probablement - et très probablement à tort -.

Le sort de la Fédération de Syrie du Nord et la manière dont les tensions et les guerres qui suivront la chute de Raqqa évolueront dépendront également des ressources dont disposera la nouvelle entité politique, comme le permettent l'ordre sociopolitique et le cadre institutionnel en cours de construction. Le soutien apporté par les grandes puissances, notamment la Russie et les États-Unis, sera également extrêmement important, mais seulement si la Fédération de Syrie du Nord continue à démontrer sa capacité à survivre. C'est dans cette perspective qu'il faut lire l'offensive diplomatique de la Turquie au sein de l'OTAN - le président Erdogan appelant à une révision de l'alliance militaire de l'OTAN envisageant que les Etats-Unis arment le SDF en Syrie - alors que la Turquie tente de saper autant que possible tout soutien à la Fédération de Syrie du Nord, perçu comme une menace directe pour la Turquie (Josie Ensor, "La Turquie demande à l'OTAN de revoir sa position sur l'armement américain des Kurdes qui combattent Isil en Syrie“, Le télégraphe26 juin 2017).

De la Rojava à la Fédération de Syrie du Nord

Institutions, valeurs et ennemis

Une fois le bras politique des Forces démocratiques syriennes (SDF), le Conseil démocratique syrien (MSD) créé à la fin de 2015, les zones libérées par le SDF et sous son influence pourraient progressivement être incluses dans le nouveau projet dirigé par les Kurdes (voir Hélène Lavoix, "Les Kurdes en Syrie - Construction de l'État, nouveau modèle et guerre“, The Red Team Analysis Society22 mai 2017). En conséquence, lors de son premier congrès le 28 janvier 2016, la région d'el-Shabah a déclaré sa reconnaissance du SDF et son appartenance au MSD (u cours du deuxième congrès, elle a élu ses membres représentatifs ("Une délégation de l'Administration démocratique de l'auto-participation à la deuxième conférence de la région d'el-Shahba", 4 février 2016, Afrîn). Le développement du territoire de la région a cependant été arrêté au nord vers Jarabulus puis à l'ouest vers Afrîn par le début de l'"Opération Bouclier de l'Euphrate" des groupes turcs et soutenus par la Turquie le 24 août 2016 (voir Hélène Lavoix, "La bataille de Raqqa, les Kurdes et la Turquie“, The Red Team Analysis Society2 mai 2017).

Malgré la victoire contre l'État islamique et les gains territoriaux, bien qu'ils aient commencé à montrer leur capacité à développer réellement les outils institutionnels pour inclure toutes les populations, ni les Kurdes ni le SDF multiethnique plus englobant et sa branche politique le MSD n'ont été invités à la difficile conférence de paix Genève 3 - débutant le 1er février, suspendue le 3 février 2016 (Rudaw, “Les Kurdes de Syrie ne sont pas invités aux pourparlers de paix de Genève", le 27 janvier 2016 ; BBC News, “Le conflit en Syrie : L'ONU suspend les pourparlers de paix à Genève"(3 février 2016). Bien que la Russie ait soutenu leur représentation à Genève et leur participation aux pourparlers de paix, les Kurdes et maintenant le MSD ont été une fois de plus exclus de la dernière tentative de faire avancer le processus de paix syrien par la Turquie et par la coalition soutenue par l'Arabie Saoudite qui souhaite être le seul représentant de l'opposition en Syrie (ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, "Remarques et réponses de Sergey Lavrov aux questions des médias lors d'une conférence de presse sur les performances diplomatiques de la Russie en 2015Moscou, 26 janvier, 2016″ ; Karen Zraick, "Les discussions sur la Syrie sont compliquées par des groupes d'opposition concurrents", 29 janvier 2016, Le New York Times).

Turquie, Syrie, Kurdes, Kurdistan, Rojava, YPG, Raqqa, SDF, Fédération de Syrie du Nord, guerre, scénarios, alerte, Russie, Erdogan, SDFEn conséquence, les Kurdes et le MSD ont encore renforcé leurs efforts pour s'organiser politiquement sur le territoire sous leur influence (Wladimir van Wilgenburg, "C'est une nouvelle Syrie, pas un nouveau Kurdistan", le 17 mars 2016, MiddleEyeAli Çelebi, "La Fédération démocratique de la Rojava et de la Syrie du Nord".21 mars 2016, trans. Rapport Rojavaoriginal Özgür Gündem). Les 16 et 17 mars 2016, ils ont d'abord créé pour ces territoires la nouvelle Système fédéral démocratique de Rojava - Syrie du Nord (Van Wilgenburg, Ibid. ; Celebi, Ibid.), par la formation de l'Assemblée constituante du fédéralisme démocratique (voir le texte de la Assemblée constituantele 17 mars 2016 ; "La déclaration finale de la deuxième réunion de l'Assemblée constituante du fédéralisme démocratique de la Syrie du Nord"29 décembre 2016).

En accord avec le système de croyance exprimé et développé notamment à travers le projet TEV-DEM (H Lavoix, "Les Kurdes en Syrie - Construction de l'État, nouveau modèle...), le système fédéral démocratique de Rojava - Syrie du Nord n'était pas un premier pas vers l'autonomie. Au contraire, comme l'indique en détail le chapitre de l'Assemblée constituante intitulé "Les objectifs du système fédéral démocratique de la Rojava - Syrie du Nord", il a souligné que

Un système fédéral démocratique assure l'unité du territoire syrien".

Les objectifs fixés par l'Assemblée constituante ont défini un "schéma directeur pour un futur pays démocratique décentralisé, où chacun est représenté au gouvernement", selon Salih Muslim, co-chef du Parti de l'Union démocratique kurde (PYD) (Van Wilgenburg, Ibid). Toutes les régions auront leur propre auto-administration "qui organise et gère ses propres affaires selon les principes de l'auto-administration démocratique dans les domaines économique, social, de la sécurité, de la santé, de l'éducation, de la défense et de la culture" (objectif 3). L'organisation sera basée "sur des conseils, des académies, des communes et des coopératives". "Ces institutions acquièrent leur légitimité grâce aux élections libres organisées par le grand public et les collectivités locales sur la base d'élections" (objectif 6).

Cette organisation ascendante est cruciale pour comprendre la Fédération de Syrie du Nord car elle reflète et institutionnalise un système qui existait avant le début de la guerre. Comme l'explique Maksim Lebsky, "des réunions ont eu lieu au niveau de la rue et dans différents quartiers pour résoudre les problèmes immédiats" (....), supplantant lentement ... les autorités officielles. Les gens essayaient de résoudre leurs problèmes par eux-mêmes". Une fois que la guerre a commencé, "ces conseils préexistants sont devenus la base sur laquelle la révolution kurde s'est développée" ("L'économie de la Rojava", Magazine Liva (russe) 17 mars 2016, traduit et republié par Économie coopérative14 mars 2017).

En termes de valeurs, la Fédération démocratique est ancrée dans la "trinité de la société démocratique, de l'écologie et de la liberté des femmes". Elle fonde ses relations internationales et régionales sur la paix, le dialogue et le consensus. Elle suit également une politique d'amitié et de paix comme stratégie clé de la politique internationale" (Objectif 9). Cependant, elle n'est pas une société anti-violence, car elle reconnaît et souligne également "le droit des groupes à l'autodéfense légitime - les forces sociales organisées et leur participation démocratique sont la base de la défense légitime" (objectif 8).

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2e Assemblée constituante - 29 décembre 2016 - De la page Facebook de la Fédération du Nord de la Syrie

Puis, du 27 au 29 décembre 2016, une deuxième réunion de l'Assemblée constituante, désormais de le fédéralisme démocratique de la Syrie du Nord  ou Système fédéral démocratique dans le nord de la Syrie  (également Fédération de la Syrie du Nord) s'est tenue dans la ville de Rmeilan, "à laquelle ont participé 165 membres des trois cantons et des régions de Shahba" (La déclaration finale). La mention de Rojava (mot kurde pour le Kurdistan syrien) a été retirée de la dénomination politique officielle de la région après d'intenses discussions, afin de souligner le caractère multiethnique inclusif du système, comme l'a expliqué Luqman Ehme, membre du Conseil d'organisation du système fédéral du nord de la Syrie (Hisham Arafat, "'').La "Rojava" n'existe plus, la "Syrie du Nord" a été adoptée à la place“, Kurdistan24.net, 28 décembre 2016).

Deux documents ont été adoptés par l'Assemblée : Le contrat social sur laquelle la Fédération de Syrie du Nord est fondée, et la Document politique pour l'avenir de la Syrie.

Les principes énoncés en mars ont été réitérés dans le document sur l'avenir de la Syrie. Soulignant le refus des autres parties syriennes de discuter avec elles, mais l'incapacité de ces dernières à prévoir tout autre type de solution, les membres de l'Assemblée constituante ont souligné que

"[nous] n'avons pas d'autre choix que d'organiser démocratiquement les zones libérées des terroristes pour protéger notre région contre toutes sortes d'attaques. Nous visons également à créer une alternative pour que ̋the les régions du nord de la Syrie deviennent un modèle de résolution".

Ils ont ainsi souligné non seulement leur attitude coopérative, mais aussi leur droit à la légitime défense et leur volonté de défendre leur système et leur vision contre tout agresseur potentiel. En outre, dans cette perspective, ils deviennent également le seul champion d'une Syrie inclusive, fonctionnelle, libre, pacifique et démocratique, respectant les droits de chaque habitant ainsi que la terre même sur laquelle ils vivent.

Comme le montre l'extrait ci-dessous, la Turquie est spécifiquement mentionnée dans "La déclaration finale" comme l'un des agresseurs, ici réel et non potentiel. Elle est perçue comme une menace non pas pour les Kurdes mais pour la Syrie, car elle est considérée comme une force d'occupation expansionniste qui commet des massacres. En conséquence, elle doit être arrêtée :

"Les membres de l'assemblée ont discuté de la situation politique et militaire en Syrie et dans le nord de la Syrie concernant l'occupation de Jarablus par la Turquie, son avidité à occuper al-Bab, et sa menace sur Manbij et Afrin, qui a conduit à un changement démographique dans la région et à la perpétration de massacres contre des civils innocents. Les membres ont jugé nécessaire de mettre fin à l'extension turque sur le sol syrien".

En revanche, toutes les autres forces - à l'exception bien sûr de l'État islamique - sont considérées comme dignes de s'engager dans "des discussions pour parvenir à un cessez-le-feu et à un dialogue politique", tandis que "la nécessité d'engager les principales puissances actives sur le terrain" est soulignée.

L'accident d'un avion à réaction syrien : une illustration de la complexité des forces en présence

L'interaction complexe entre les "principales puissances sur le terrain" et les autres forces syriennes, telle qu'elle est exprimée dans le Document politique pour l'avenir de la Syrie, et la façon dont tout cela a un impact et un rapport avec la Fédération de la Syrie du Nord est bien illustrée par le crash d'un jet de l'armée arabe syrienne (l'armée du gouvernement de Bachar al-Assad) par les forces américaines le 18 juin 2017 et les affrontements et événements environnants.

Comme l'a dénoncé un porte-parole du SDF, l'avion a été abattu à la suite d'attaques de l'armée syrienne sur un village tenu par les forces du SDF, alors que l'armée arabe syrienne fait également la course vers Raqqa comme expliqué précédemment (Syrie en direct, “La confrontation avec le régime d'Assad complique la campagne soutenue par les États-Unis pour Raqqa", 19 juin 2017 ; Leith Fadel, "L'armée syrienne capture de nouveaux points le long d'une route stratégique dans l'ouest de Raqqa“, AMN25 juin 2017). Cet événement pourrait compliquer davantage la situation pour la Fédération du Nord de la Syrie (ainsi que pour d'autres acteurs).

En effet, si une escalade devait avoir lieu entre le SDF et l'armée arabe syrienne, alors un nouveau front, à la fois militaire et politique, s'ouvrirait. Pro-Bashar al-Assad Al Masdar News reconnaît la reprise des affrontements et des tensions entre le SDF et l'armée arabe syrienne, mais les minimise, estimant que "ces problèmes se dissiperont probablement entre le gouvernement et les forces kurdes dans les prochains jours" (Leith Fadel, "Des affrontements intenses éclatent entre l'armée syrienne et les forces soutenues par les États-Unis dans l'ouest de Raqqa", 19 juin 2017 ; "L'armée syrienne n'arrêtera pas ses opérations dans l'ouest de Raqqa malgré l'interférence des Etats-Unis"(23 juin 2017). La faute en revient à la coalition américaine "d'ingérence constante" (Ibid.).

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Western al-Bab offensive (2016) by By MrPenguin20OpenStreetMap contributors (Own workopenstreetmap.org) [ODbL (http://opendatacommons.org/licenses/odbl/1.0/) or CC BY-SA 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

Pourtant, les Kurdes ANF News rapporte que le "régime Baas a fermé la route Alep-Efrin ... instaurant ainsi un embargo sur Efrîn. Des sources locales affirment que les résidents d'Efrîn qui tentent d'utiliser la route sont arrêtés, en plus de la fermeture de la route", ce qui pourrait signaler l'intention du gouvernement de Bachar al-Assad de continuer à agir contre le SDF et la Fédération du Nord de la Syrie (Seyit Evran, "La Turquie et la Syrie se préparent à un embargo et à une attaque contre la Rojava“, ANF News22 juin 2017). Cependant, si l'on considère la façon dont l'armée arabe syrienne a arrêté le mouvement turc en mars 2017 (voir carte ci-dessus) lorsque les Turcs ont essayé de profiter de la capture d'al-Bab pour se diriger vers Raqqa (La bataille de Raqqa, les Kurdes et la Turquie, 2 mai 2017)il semble aussi probable, sinon plus, que le mouvement de l'armée arabe syrienne ne vise pas l'Efrin kurde et donc la Fédération de Syrie du Nord, mais l'expansion turque sur le territoire syrien, cette dernière visant d'ailleurs aussi les Kurdes, comme indiqué dans l'introduction (

Entre-temps, compte tenu de l'abattage de l'avion syrien, la Russie a dû intervenir pour soutenir son allié syrien (par exemple Rudaw, “Le SDF et la Russie profèrent des menaces alors que la tension monte après l'écrasement d'un avion syrien par les Etats-Unis"(19 juin 2017). La Russie s'est donc trouvée potentiellement de facto en contradiction avec les Kurdes et le SDF qu'ils ont constamment soutenus (par exemple KomNews, “Lavrov : le succès à Genève est impossible sans les Kurdes", 16 février 2017 ; Les remarques de Sergey Lavrov(voir le document de travail de la Commission sur les droits de l'homme, 2016, ibid.). En outre, comme l'ont fait remarquer les habitants d'Afrîn, les Russes garderaient le silence lorsqu'ils assisteraient à la fin de l'embargo de juin 2017 et aux éventuels préparatifs de guerre contre les régions d'al-Shabah et d'Afrîn de la Fédération de Syrie du Nord (Evran, Ibid.). Les défis des relations entre la Russie et la Turquie, compte tenu des intérêts non seulement en Syrie mais aussi au-delà, doivent ici aussi être pris en compte.

Ces événements soulignent la complexité des forces géopolitiques, diplomatiques et militaires à l'œuvre dans la région pour chaque acteur ainsi que la fluidité de la situation, et la nécessité de manier ces forces avec une grande habileté et une finesse considérable. En attendant, nous ne pouvons pas exclure la "déviance" potentielle de la politique des grandes puissances et le fait que des intérêts plus modestes comme la Fédération de Syrie du Nord et les Kurdes puissent être heureusement sacrifiés sur l'autel des intérêts des grandes puissances. Cela est déjà arrivé aux Kurdes (pour un bref aperçu historique, Hélène Lavoix, "Les Kurdes et la Rojava, la construction de l'État dans la guerre de Syrie“, The Red Team Analysis Society10 février 2014), ainsi qu'à d'autres pays - nous rappellerons ici, par exemple, le tristement célèbre "bombardement secret" américain du Cambodge à partir de mars 1969 (par exemple William Shawcross, Le diaporama : Kissinger, Nixon et la destruction du CambodgeLondres : Hogarth Press, 1991, pp. 22-24).

En termes de normes et de système de croyances qui sous-tendent son ordre sociopolitique et des institutions politiques créées et mises en œuvre, la Fédération du Nord de la Syrie est une entité politique cohérente, qui souhaite faire partie intégrante d'un système plus large, la Syrie, et qui doit faire face à un contexte régional et international complexe et hautement meurtrier. Elle est en train de se construire de manière efficace et concrète.

Sa survie et sa capacité à résister aux pressions, externes et internes à la Syrie, dépendront toutefois aussi de ses ressources. Quelles sont donc ses ressources et quel type de système économique promeut-il ?

Subsister sous la contrainte : Collectivisme

Avant la guerre

La zone plus ou moins incluse dans la Fédération de Syrie du Nord avant la guerre était une région relativement riche, habitée principalement par des personnes pauvres, à quelques exceptions près.

Turquie, Syrie, Kurdes, Kurdistan, Rojava, YPG, Raqqa, SDF, Fédération de Syrie du Nord, guerre, scénarios, alerte, Russie, Erdogan, SDF, SAA, Bachar al-Assad, JaziraOn estime que les territoires kurdes des trois régions d'Afrique, de Kobanî [Kobanê / Ayn al-Arab] et de Cizîrê [Jazira] - auxquelles il faut maintenant ajouter el-Shahba - ont ensuite produit 40% du PIB de la Syrie (Lebsky, Ibid.). Cela représenterait, en utilisant les chiffres de 2012, 29,5 milliards de dollars US (Banque mondiale/Tradingeconomics.com). 70% du blé syrien provenait de la région (Ibid.), tandis que 60% "de l'essence utilisée en Syrie" provenait de Jazira (Arzu Demir, "Le principe de base de l'économie de la Rojava : Impliquer tout le monde dans la production", Magazine Abrstrakt (turc), le 5 octobre 2016, traduit et republié par Économie coopérative12 juin 2017).

Le gouvernement syrien d'avant-guerre a encouragé un développement essentiellement exclusivement agraire pour les régions kurdes, décourageant les industries locales, au-delà de l'approvisionnement en matières premières (Demir, Lebsky, Ibid.). Les types de cultures "prescrites" variaient selon les provinces, du seigle aux fruits et légumes en passant par les oliviers pour l'exportation d'huile d'olive et la pistache à Kobani, le blé, l'orge, etc. et aussi les oliviers à Afrîn, le blé, le coton, les fruits, les raisins et les pommes à Jazira (pour une liste détaillée, voir Lebsky, Ibid.). La monoculture du blé aurait également été fortement encouragée dans une partie de la Jazira, ce qui aurait entraîné une pénurie d'arbres (Dengir Güneş, "Rojava : The Economic Branches in Detail", Yeni Özgur Politika (turc) 16 juin 2016, traduit et republié par Économie coopérative12 juin 2017).

La mauvaise gestion de l'eau avec une forte dépendance aux pluies et l'épuisement des eaux souterraines et du sol par une utilisation excessive des puits semble avoir été la règle, malgré une situation favorable en ce qui concerne les rivières et les lacs (Güneş, Lebsky, Ibid.).

De plus, la pollution résultant notamment de la négligence des industries pétrolières s'est étendue pendant la guerre, créant de grands risques pour la santé humaine et la production agricole, en particulier à Jazira (Hélène Lavoix, "La tragédie du Kurdistan, The Red Team Analysis Society4 novembre 2013 ; Jo Magpie, "Le projet Greenhouse“, Économie coopérative26 avril 2016)

Selon Lebsky (Ibid.), la majorité de la population vivait auparavant sous le seuil de pauvreté, tandis qu'une infime frange des habitants - qui possédait probablement les quelques industries et avait bénéficié d'une précédente réforme agraire impliquant une expropriation organisée par le gouvernement syrien d'avant-guerre (Güneş, Ibid.) - était riche. Il est intéressant de noter que, même si des recherches supplémentaires devraient être menées pour falsifier ou confirmer cette hypothèse, les plus riches seraient ceux qui soutiennent le KNC-ENKS, de tendance irakienne (Lebsky, Ibid ; pour en savoir plus sur les tensions entre les deux partis kurdes, H Lavoix, "Les Kurdes en Syrie - Construction de l'État, nouveau modèle…).

Actuellement, compte tenu en outre des contraintes de la guerre et de l'afflux de réfugiés, la situation des personnes s'est aggravée. Dans la région de Jazira, une étude récente conclut que "toute la région est tombée dans une grande crise financière où 90% de personnes souffrent d'une pauvreté abjecte" (Rody RashidLes conditions de vie à Rojava", Site web du PYDe, le 7 juin 2017( ?), traduit et republié par Economie coopérativey, 27 juin 2017).

Les priorités et les défis de la Fédération du Nord de la Syrie : vers une société coopérative écologique ?

En conséquence, la priorité économique de la Fédération du Nord de la Syrie est de pourvoir aux besoins de survie de sa population, avec une préoccupation première pour les plus faibles et ceux touchés par la guerre. Ces derniers sont aidés par leur intégration dans des coopératives (Güneş, Ibid.). La survie signifie également la liberté d'exister selon leurs valeurs et de ne pas être tué par des ennemis. Turquie, Syrie, Kurdes, Kurdistan, Rojava, YPG, Raqqa, SDF, Fédération de Syrie du Nord, guerre, scénarios, alerte, Russie, Erdogan, SDF, SAA, Bachar al-Assad, Kobane, État islamiqueAinsi, la Fédération du Nord de la Syrie doit également répondre aux besoins des combattants sans lesquels aucune autodéfense et aucune survie n'est possible. Il faut ajouter à cela la nécessité d'acheter ce que la Fédération n'a pas la possibilité de produire, comme les moyens d'autodéfense, c'est-à-dire les armes, les semences pour les nouveaux développements agricoles, et la plupart des produits industriels car il n'y a pratiquement pas d'industries, tout en payant la reconstruction car la guerre a infligé d'énormes dégâts (Lebsky, Ibid).

En 2016, on estime que 70% du budget ont été utilisés pour financer uniquement l'effort d'autodéfense, des armes à la logistique (Lebsky, Güneş, Ibid.), ce qui représenterait 10 millions de dollars par mois (Güneş, Ibid.).

Cela implique que des taxes doivent être prélevées. Il faut donc un système de collecte des impôts et une activité économique avec des excédents.

Selon Demir (Ibid.), le schéma directeur pour actualiser ces priorités serait le suivant TEV-DEMIl s'agit de créer des coopératives dans chaque commune en fonction des besoins, notamment en intégrant les personnes et les familles les plus fragiles.

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Bîstanên Rojava / Agriculteurs de Rojava, également appelé "le projet de serre" le 12 mars 2016 - extrait de l'article de Jo Magpie "Le projet de serre", Economie Coopérative.
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Une serre le 12 mars 2016 - extrait de l'article de Jo Magpie "The Greenhouse Project", Cooperative Economy.

Un "Institut pour le développement économique" a été créé à Derik, Jazira, pour coordonner la vie économique (Lebsky), qui pourrait être la même institution que le "Centre économique" mentionné par Demir. Sa tâche principale "est le développement de projets pour la modernisation de l'agriculture et de l'industrie. L'Institut a le pouvoir de réglementer le commerce d'importation et d'exportation, et il délivre des licences commerciales aux particuliers" (Lebsky). Il travaillerait en relation avec l'administration autonome (Demir) et fournirait à chaque coopérative la moitié de l'argent nécessaire ainsi que les semences (pour les coopératives agricoles), sous forme de prêts. Ensuite, chaque coopérative garderait 70 à 80% des produits qu'elle vend pour couvrir ses besoins, de la subsistance des travailleurs aux routes et à l'électricité, ainsi que pour développer des projets (Lebsky), tandis que les 20% à 30 % restants seraient versés au Centre économique / Institut de développement économique (Demir). Ces "taxes" seraient ensuite utilisées en partie pour financer de nouvelles coopératives ou aider les coopératives existantes, en partie pour couvrir d'autres postes budgétaires, y compris l'autodéfense. La création de ces coopératives n'a commencé qu'à la fin de 2016 : Demir a mentionné comme exemples "des dizaines de coopératives créées" dans trois villes de Jazira : Ras-al-Ain [Serê Kaniyê] (30 000 habitants), Amude [Amûdê] (27 000) et Derik [Al-Malikiyah] (26,000).

On n'en sait guère plus avec certitude sur le système fiscal restant (Lebsky) : d'autres taxes proviendraient des plaques d'immatriculation des véhicules et des entreprises ; des taxes locales en Afrique répondant à des besoins locaux et spécifiques auraient été mises en place. Il est fort probable que le système fiscal est encore en cours d'élaboration, des modèles étant explorés comme le révèlent les interviews réalisées par Lebsky (ibid.).

Il semblerait donc qu'à la mi-2017, le cœur de la subsistance économique et d'autodéfense de la Fédération du Nord de la Syrie repose sur un développement réussi et solide des coopératives, qui, de plus, peuvent aussi rapprocher davantage les différentes populations des régions.

La nouveauté du développement rend difficile l'estimation des chances de succès, et des scénarios détaillés devraient être élaborés, par exemple, en utilisant de manière comparative l'exemple historique du mouvement des kibboutz en Palestine d'avant 1948 sous mandat britannique (par exemple Tal Simons & Paul Ingram, "Ennemis de l'État : Interdépendance entre les formes institutionnelles et l'écologie du kibboutz, 1910-1997", octobre 2002). Bien que les deux cas évoluent dans des contextes et des situations très différents, le développement largement réussi des kibboutzim dans un environnement relativement défavorable (Ibid.) pourrait indiquer que la probabilité de voir la Fédération de Syrie du Nord expérimenter avec succès le collectivisme est raisonnable. Une analyse détaillée donnerait de bien meilleures estimations. Il est intéressant de noter, et en supposant que la comparaison avec le mouvement des kibboutz soit valable, qu'au-delà du développement agricole réussi, le collectivisme pourrait également contribuer à approfondir et à maintenir au sein de la Fédération des habitants du Nord de la Syrie, la force d'esprit, la cohésion et la consolidation normative des idéaux qui sous-tendent la Fédération, et qui sont cruciaux en temps de contrainte et de guerre (Ibid ; Nir Tsuk, "La montée et la chute du kibboutz : capital social, volontariat et relations entre l'État et la communauté : Une étude de cas"(voir le document de travail du CERP, Session conjointe des ateliers du CERP, avril 2000).

En supposant que le collectivisme réussisse, pouvoir acheter des moyens d'autodéfense et de subsistance signifie également pouvoir faire du commerce.

Cependant, le commerce est devenu une activité très difficile pour la Fédération. La Turquie a fermé sa frontière en appliquant un embargo selon les Kurdes (Ara News, “Les Kurdes syriens ouverts aux relations commerciales avec Bagdad : officiel"3 juin 2017). Les points d'échange avec le Kurdistan irakien peuvent être fermés à tout moment, ce qui est régulièrement le cas, selon les luttes intestines kurdes (par exemple Tom Perry et Rodi Said “Le leader kurde syrien voit la main turque dans la fermeture des frontières“, Reuters27 avril 2016 ; Baxtiyar Goran, "Augmentation des échanges commerciaux entre la région du Kurdistan et la Rojava“, Kurdistan 241er octobre 2016). Ainsi, pour la Fédération de Syrie du Nord, il est crucial de pouvoir commercer ou plutôt échanger avec le reste de la Syrie. La montée des tensions avec le gouvernement de Bachar al-Assad, et la fermeture fin juin 2017 de la route d'Alep, immédiatement dénoncée par les médias kurdes comme un embargo (Evran, Ibid.), montrent la vulnérabilité potentielle de la Fédération de Syrie du Nord, si elle ne parvient pas à trouver des accords avec le reste du pays. Considérant l'importance cruciale du commerce pour la Fédération, celle-ci cherche également à ouvrir des possibilités de commerce avec l'Irak, comme l'a exprimé le conseiller présidentiel du Parti de l'Union Démocratique Kurde en Syrie (PYD) (Ara News, “Les Kurdes syriens ouverts aux relations commerciales avec Bagdad : officiel"3 juin 2017).

Si les possibilités d'échanges commerciaux restent ouvertes au sud vers les autres régions syriennes, et potentiellement vers l'Irak, et si la collectivisation parvient à assurer la subsistance de la population et à dégager des excédents pour d'autres besoins, alors, compte tenu des ressources agricoles et pétrolières passées de la Fédération de Syrie du Nord au regard des besoins locaux, régionaux et mondiaux, le nouveau régime politique pourrait très bien générer suffisamment de ressources non seulement pour survivre et faire face à l'agression, mais aussi, avec le temps, pour prospérer. Ceci est d'autant plus vrai si une agriculture durable et intelligente, prenant également en compte le changement climatique, est développée, comme l'impliquent les valeurs mêmes de la Fédération du Nord de la Syrie.

Compte tenu des derniers mouvements turcs en Syrie du Nord et des déclarations turques concernant la Fédération et plus particulièrement Afrîn, la Fédération de Syrie du Nord pourrait cependant bientôt combattre deux ennemis à la fois, le brouillard de la guerre s'épaississant à nouveau sur la région.

À propos de l'auteur: Dr Hélène LavoixM. Lond, PhD (relations internationales), est le directeur de la Red (Team) Analysis Society. Elle est spécialisée dans la prévision et l'alerte stratégiques pour les questions de sécurité nationale et internationale.

Image en vedette : Partie d'un série d'images par Nazim Dastan (DİHABER) depuis l'intérieur de la ville de Raqqa, illustrant des parties de la campagne de libération de Raqqa menée par les Forces démocratiques syriennes (SDF), une coalition d'unités militaires kurdes et arabes dans le nord de la Syrie. 29 juin 2017 - Ypgrojava.org.

Publié par Dr Helene Lavoix (MSc PhD Lond)

Dr Hélène Lavoix, PhD Lond (relations internationales), est le président/CEO de la Red Team Analysis Society. Elle est spécialisée en prospective et alerte précoce stratégiques (S&W) pour les questions de sécurité nationale et internationale. Elle se concentre actuellement sur la montée en puissance de la Chine, la pandémie de COVID-19, la méthodologie du SF&W, la radicalisation, les environnements extrêmes ainsi que sur les problématiques des nouvelles technologies (IA, QIS, monde virtuel) du point de vue de la sécurité internationale.

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2 commentaires

  1. Ce n'est pas un conflit entre la Turquie et les Kurdes, c'est un conflit entre la Turquie et le PKK, une des organisations terroristes les plus sanglantes.

  2. Eh bien... je vous suggère de lire notre série complète d'articles sur les Kurdes en Syrie avant de faire de telles accusations. S'il existe effectivement des liens entre le PKK et les Kurdes syriens, dire qu'ils sont identiques est une approximation très grossière et une mauvaise compréhension de la réalité. Il faudrait être capable de s'affirmer à ce point pour étayer votre déclaration par des preuves ... autres bien sûr que la perception de la Turquie, qui est la même que la vôtre. Cependant, la perception et la peur peuvent également avoir un impact sur l'analyse... comme l'ont montré Jervis par exemple, ou Heuer, ou moi-même dans ma thèse de doctorat.
    Dans le cadre d'un travail analytique, nous ne sommes pas là pour juger ou prendre parti, mais pour comprendre les perceptions, les croyances, les capacités, etc. de tous les acteurs. Il est intéressant de noter que cela implique presque systématiquement qu'une partie est malheureuse :)

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