Dans l'Arctique, le climat et la "nouvelle guerre froide États-Unis/Russie/Chine" se réchauffent tous deux à un rythme très rapide (Jean-Michel Valantin, "Vers une guerre entre les États-Unis et la Chine ? (1) et (2) : Tensions militaires dans l'Arctique”, The Red Team Analysis Society16 septembre 2019). En effet, depuis 2016, la Russie multiplie les manœuvres militaires massives. Cela inclut la militarisation, la guerre nucléaire et des exercices d'armes hypersoniques dans le nord de la Sibérie, ainsi que dans l'archipel arctique russe.
En attendant, la Chine intensifie ses opérations pétrolières et gazières en mer de Barents, tandis que le nombre de convois qui empruntent la route maritime du Nord ne cesse de croître (Atle Staalesen, "Le gaz arctique trouve un nouveau chemin de Yamal à la Chine”, L'Observateur indépendant de Barents1er avril 2020). Parallèlement, les États-Unis et l'OTAN déploient régulièrement de grands exercices militaires, y compris des démonstrations de force aérienne.
Du réchauffement de l'Arctique au réchauffement de la géopolitique
En d'autres termes, la coopération très complexe entre la Russie et la Chine dans l'Arctique devient un moteur de tensions avec les États-Unis, qui ressentent également l'attraction du réchauffement du Nord (Valantin, ibid). En raison du réchauffement rapide de cette région, le moteur stratégique de ces tensions est l'ouverture de l'Arctique à la concurrence internationale pour les ressources énergétiques, minérales et biologiques (Michael Klare, L'enfer se déchaîne, le point de vue du Pentagone sur le changement climatique, 2019). Cependant, cette évolution stratégique ne doit pas cacher l'émergence d'une situation géopolitique fondamentalement nouvelle.
Cette nouvelle situation n'est rien d'autre que la transformation du littoral arctique sibérien en une rampe de lancement continentale vers l'Arctique des puissances russo-asiatiques qui dominent la gigantesque masse terrestre de l'Asie de l'Est, du Sud et du Centre et de la Russie (Jean-Michel Valantin, "Le réchauffement de l'Arctique russe : où convergent les intérêts stratégiques de la Russie et de l'Asie ?”, The Red Team Analysis Societyle 23 novembre 2016).
Arctic Covid-19
Cette dynamique continentale a une signification géopolitique profonde en raison de la déstabilisation accélérée de la couverture de glace arctique. Cependant, une autre dynamique hante l'Arctique et perturbe sa géopolitique émergente, à savoir la pandémie de Covid-19 (Hélène Lavoix, "L'émergence d'un ordre Covidien international”, The Red Team Analysis Society15 juin 2020).
Dans cette nouvelle série, nous verrons comment ces nouvelles tensions s'intensifient et comment la nouvelle géophysique de l'Arctique perturbe les équilibres géopolitiques les plus profonds de notre monde. Cette perturbation émerge de cette nouvelle frontière de la puissance maritime.
La première étape de ce changement géopolitique massif est la structuration de l'Arctique par le même type de compétitions et de tensions qui organisent le Moyen-Orient ou la mer de Chine méridionale. Ces compétitions résultent des conflits entre les intérêts nationaux et privés qui se battent pour l'accès aux ressources naturelles. Dans la même dynamique, ces tensions limitent la capacité des acteurs à accéder à ces ressources.
L'Arctique comme nouvelle mer de Chine méridionale...
La nouvelle frontière américaine et chinoise
Le 6 mai 2019, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'est adressé en Finlande aux participants du Conseil de l'Arctique, l'organisme international regroupant toutes les nations de la région arctique. Lors de son discours, il a déclaré que :
"L'Arctique est à la pointe de l'opportunité et de l'abondance, ... Il abrite 13 % du pétrole non découvert dans le monde, 30 % du gaz non découvert, une abondance d'uranium, de minéraux de terres rares, d'or, de diamants et des millions de kilomètres carrés de ressources inexploitées, La réduction constante de la glace de mer ouvre de nouveaux passages et de nouvelles possibilités de commerce, ... Cela pourrait réduire de 20 jours le temps nécessaire pour voyager entre l'Asie et l'Occident ... Les voies maritimes arctiques pourraient devenir les canaux de Suez et de Panama du 21e siècle".
Cette déclaration géopolitique et stratégique dévoile la manière dont les plus hautes autorités fédérales américaines sont particulièrement conscientes de la nouvelle réalité géopolitique : avec le soutien de la Russie, la Chine devient une puissance arctique. Il se trouve qu'un nombre croissant de convois de marchandises chinois empruntent la nouvelle route maritime russe du Nord.
Cette route maritime relie le détroit de Béring à la mer de Norvège, ainsi qu'au Pacifique, à l'océan Arctique et à l'Atlantique. Ainsi, l'utilisation de la route maritime du Nord permet à la flotte marchande chinoise d'atteindre les ports commerciaux de Scandinavie, d'Europe du Nord et de l'Atlantique Nord, y compris l'Islande (Jean-Michel Valantin, "La Chine arctique (1) - Le dragon et les Vikings”, The Red Team Analysis Society26 mai 2014).
La présence chinoise dans l'Arctique est également scientifique. Un nombre croissant d'expéditions chinoises cartographient les fonds marins afin d'identifier les ressources en pétrole et en gaz. Dans le même temps, d'autres étudient les conséquences du changement climatique sur l'environnement arctique.
Ces missions scientifiques visent à identifier de nouvelles voies maritimes et ressources biologiques potentielles (Thomas Nilsen, "La Chine cherche à jouer un rôle plus actif dans l'Arctique”, L'Observateur indépendant de Barentsle 11 mai 2019). Dans la même dynamique, les grandes entreprises énergétiques chinoises investissent dans les opérations pétrolières et gazières russes. Elles développent également leurs propres opérations off-shore dans la zone économique exclusive russe.
Vers un Arctique chinois et américain "mer de Chine méridionale" ?
En d'autres termes, l'Arctique russe voit se déployer le même type de développements commerciaux, de pêche et énergétiques que ceux qui ont lieu dans la mer de Chine méridionale. Cependant, la comparaison que fait Mike Pompeo est également de nature géopolitique. En effet, la mer de Chine méridionale est un théâtre historique de rivalités entre la Chine et d'autres États riverains, ainsi que, de manière connexe, entre la Chine et les États-Unis (Jean-Michel Valantin, "Militarisation de la nouvelle route de la soie chinoise - Partie 1 - La mer de Chine méridionale”, The Red Team Analysis Societyle 13 mars 2017).
Ainsi, lorsque Mike Pompeo prononce de tels avertissements, il laisse également entendre que la présence américaine dans l'Arctique va également s'intensifier. Et qu'ils vont devenir un concurrent actif de la Chine dans la région arctique.
Ces tensions croissantes entre les États-Unis, la Russie et la Chine dans un Arctique en réchauffement révèlent également une tendance plus profonde : la transformation de l'Arctique en réchauffement en un théâtre de compétitions et de conflits à plusieurs échelles. Ces derniers sont dus à la concurrence entre les grandes puissances pour l'accès et le contrôle des ressources vitales. Ensuite, la compétition a créé des tensions entre les acteurs régionaux. Pourtant, la mer de Chine méridionale n'est pas la seule analogie pour ce genre de politique internationale.
... Ou en tant que nouveau Moyen-Orient ?
En fait, on y trouve aussi les moteurs mêmes de la géopolitique et des dynamiques que l'on peut observer au Moyen-Orient ( Andrew J. Bacevich, La guerre de l'Amérique pour le grand Moyen-Orient, 2017).
Une "moyen-orientalisation" de l'Arctique ?
L'une des caractéristiques de la géopolitique du Moyen-Orient est la façon dont elle a hérité des tensions régionales. La politique internationale y est également enracinée dans une histoire multimillénaire et dans des conditions géographiques, hydriques et climatiques difficiles. Ce contexte géo-historique répond aux tensions internationales récentes centrées sur le pétrole et le gaz. Ce croisement des tensions civilisationnelles et énergétiques impose des changements politiques et militaires en cascade. En outre, cela se produit dans une région qui connaît des changements sociaux et écologiques très rapides (Fred Pearce, "Guerres de l'eau au Moyen-Orient : en Irak, une bataille pour le contrôle de l'eau”,Yale 360°, 25 août 2014).
Il est intéressant de noter que, actuellement, le réchauffement de l'Arctique devient une imbrication de différents niveaux géopolitiques. De ce point de vue, on pourrait dire que la Norvège est en train de vivre un processus de "moyen-orientalisation". C'est un petit pays, indépendant, tout en étant un important producteur de pétrole. C'est aussi un voisin terrestre et maritime immédiat de la Russie.
La Norvège est également membre de l'OTAN, et les ports norvégiens sont les ports des nombreux navires scientifiques et commerciaux chinois. Elle est également un candidat actif pour accueillir l'extrémité nord-européenne du câble intercontinental à fibres optiques prévu par la Chine. Ce câble pourrait s'étendre depuis la Chine et être posé le long de la côte sibérienne jusqu'en Norvège. Là, la Norvège raccorderait ce câble aux réseaux européens de fibres optiques.
Cependant, en octobre 2018, la Norvège a accueilli le plus important exercice naval de l'OTAN depuis la fin de la guerre froide en 1990. Cet exercice était destiné à dissuader l'"adversaire non identifié", c'est-à-dire la Russie. Il a également permis le déploiement d'énormes capacités aériennes et maritimes à la porte d'entrée de la route maritime de l'Atlantique Nord. Ces déploiements militaires sont un avertissement envoyé à la Russie et à la Chine ( Jean-Michel Valantin, "Militariser le réchauffement de l'Arctique - La voie vers le(s) néo-mercantilisme(s)“, The Red Team Analysis Societyle 12 novembre 2018).
Comme on peut le voir, la Norvège est un "centre d'imbrications d'échelles géopolitiques". Elle est aussi complexe que n'importe quel pays du Moyen-Orient. En attendant, le changement climatique favorise l'accès aux énormes ressources énergétiques et biologiques de la zone. En attendant, la route maritime du Nord devient une solution alternative au canal de Suez.
L'Arctique entre dans le monde Covid19
Les comparaisons entre la "mer de Chine méridionale" et le "Moyen-Orient" nous aident à comprendre comment le réchauffement de l'Arctique évolue rapidement. Ce dernier devient un pôle d'attraction pour les compétitions locales, régionales, internationales et mondiales en matière de géopolitique et de ressources. Cette nouvelle réalité est de plus en plus évidente et prégnante depuis mars 2020. En effet, la nouvelle géopolitique arctique devient aussi un puissant vecteur de la pandémie de Covid-19 (Hélène Lavoix, "L'émergence d'un ordre Covidien international”, The Red Team Analysis Society15 juin 2020).
La “Règles "Covid World
Cette géopolitique s'incline néanmoins devant la situation géopolitique dominatrice qu'Hélène Lavoix qualifie de "monde Covid". En d'autres termes, de nos jours, la pandémie de Covid-19 devient la principale et la plus puissante force géopolitique du monde. Cela peut se vérifier par les bouleversements géo-économiques mondiaux et gigantesques qu'elle entraîne dans son sillage. En raison de ses effets en cascade, le Covid-19 conduit l'économie mondiale vers la mère de toutes les dépressions.
En effet, la pandémie touche tous les pays arctiques, ainsi que les secteurs stratégiques de l'énergie et de l'armée. En outre, le "Covid World" absorbe également l'Arctique par l'infection éventuelle de différentes unités militaires.
Par exemple, la région de Mourmansk est gravement touchée par le virus. C'est particulièrement important, car Mourmansk est le plus important port civil russe sur la côte arctique.
L'oblast de Mourmansk est également le quartier général de la flotte russe du Nord. Cette dernière joue un rôle croissant dans la sécurisation de l'immense zone économique exclusive. Elle accueille également le gigantesque chantier de Novatek, la deuxième compagnie pétrolière et gazière russe. Ces constructions soutiennent le développement de l'énorme gaz naturel liquide de la péninsule de Yamal, ainsi que d'autres projets.
Ainsi, la pandémie perturbe le rythme des plans de développement civils et militaires de l'Arctique en réchauffement.
Perturbation des covariables
Cette situation n'est pas anodine. Novatek est un des principaux développeurs des opérations Yamal I et II. Celles-ci attirent des investissements étrangers massifs, de Chine, d'Inde et du Japon, entre autres. Ces développements sont profondément dépendants du réchauffement de la région qui permet l'accès à de nouvelles ressources. Ces opérations d'extraction présentent un grand intérêt pour les nations asiatiques. Elles travaillent à la diversification de leur secteur énergétique, afin d'utiliser moins de charbon, tout en soutenant leur développement économique.
Ainsi, les délais que le virus impose à ces opérations sont une contrainte potentielle pour le développement économique de l'Asie. Réciproquement, cela dévoile comment l'Asie se lie au développement de l'Arctique russe qui se réchauffe. Elle révèle également la manière dont ces stratégies géo-économiques massives sur une planète en réchauffement sont actuellement absorbées par le "Covid World".
Nous devons donc maintenant examiner la manière dont ces acteurs publics et privés s'adaptent à la fois au changement climatique et au "monde de Covid"".
Cet article présente des scénarios imbriqués pour faire face à l'incertitude créée par la pandémie de COVID-19. Notre objectif est de fournir un cadre de pensée organisé permettant de prévoir l'avenir ou plutôt les avenirs possibles de notre monde, alors qu'il traverse la pandémie, tout en facilitant la compréhension. Une telle compréhension, qui réunit le passé, le présent et les futurs possibles, est nécessaire pour permettre la prévention, l'innovation et l'adaptation, la planification et les actions adéquates.
Les scénarios présentés ici peuvent être utilisés comme base pour construire des scénarios plus spécifiques répondant à des questions précises et envisageant l'avenir d'acteurs, de pays, de régions géographiques ou même de villes particulières.
Si les scénarios sont un outil clé pour gérer l'incertitude, le nombre d'inconnues auquel nous devons faire face avec la pandémie COVID-19 présente également des défis pour que les scénarios soient réalisables. Pour gérer correctement l'incertitude et couvrir toute la gamme des futurs possibles, nous devons multiplier les scénarios. Mais, lorsque les décideurs sont confrontés à un trop grand nombre de scénarios, ils peuvent ne pas savoir comment les utiliser. Dans l'idéal, les acteurs devraient chercher à créer des stratégies d'action qui soient résistantes et solides quelque soit le scénario. Cependant, cela peut être difficile, voire impossible. Nous devons donc trouver un moyen d'articuler nos scénarios afin qu'ils deviennent véritablement utiles.
L'approche imbriquée que nous avons créée permet de relier les choses entre elles et de naviguer parmi une liste éventuellement longue de différents scénarios. Ainsi, les décideurs se voient proposer un ensemble cohérent dans lequel ils peuvent naviguer. En outre, cette approche traite une particularité des scénarios de pandémie : l'amélioration de la prise en compte du temps et des décalages temporels. Le temps, en effet, en cas de pandémie, devient un facteur qui doit également être surveillé, y compris pour l'alerte précoce. En conséquence, la réelle utilité de l'ensemble de scénarios pour les décideurs est améliorée.
Vous pouvez trouver la bibliographie et les articles détaillés relatifs aux scénarios dans notre section sur le COVID19.
Les trois méta-scénarios sont organisés autour de l'incertitude critique fondamentale qui détermine notre avenir et, en quelque sorte, l'histoire de l'évolution et du progrès de l'humanité :
Avons-nous un quelconque pouvoir en ce qui concerne la nouvelle menace qu'est le SRAS-CoV-2 ?
En d'autres termes, est-il en notre pouvoir de faire disparaître le SRAS-CoV-2 ? Sinon, disparaîtra-t-il - ou sera-t-il renforcé - comme il est apparu, c'est à dire sans notre intervention ?
En conséquence, et compte tenu de la nécessité de couvrir tous les futurs possibles, nous obtenons trois méta-scénarios :
1- “Le Miracle" - un scénario très favorable où tout est finalement résolu sans intervention humaine et où les choses peuvent continuer ou plutôt revenir au monde d'avant la COVID-19.
2 – “Le génie humain"C'est le méta-scénario que nous allons examiner et détailler.
3- “Vers l'extinction" - L'option la moins plaisante, qui n'est pas détaillée ici. Dans ce cas, la menace initiale qu'est la pandémie de COVID-19 pourrait se renforcer et, éventuellement, s'ajouter à d'autres facteurs négatifs, tels que des événements climatiques et d'autres pandémies, et conduire finalement à notre extinction.
"Le Miracle
Improbable
Récit
Le SRAS-CoV-2 nous surprend une fois de plus, mais cette fois-ci de manière positive. Il a soudainement disparu.
Les scientifiques s'interrogent. Ils savaient que, vu notre manque de connaissances exhaustives sur les coronavirus en général et en particulier sur un virus découvert il y a seulement quelques mois, toute surprise devenait possible.
Ils avaient réfléchi à la possibilité que le virus puisse perdre son pouvoir infectieux ou sa létalité. Ils n'avaient pas osé espérer qu'il puisse simplement disparaître, pour des raisons encore mal comprises, comme ce fut le cas pour l'épidémie de SRAS-CoV en 2003 (1). Ils s'étaient également demandé si, à l'inverse, une forte immunité ne pouvait pas se développer naturellement et finalement très rapidement chez les êtres humains.
Et voilà, le miracle s'est produit. Le SRAS-CoV-2 et la COVID-19 ont disparu. La pandémie prend fin.
(1) Yvonne CF Su et al. "Discovery of a 382-nt deletion during the early evolution of SARS-CoV-2", bioRxiv 2020.03.11.987222 ; doi : https://doi.org/10.1101/2020.03.11.987222
Explication
Ce qui est crucial ici, c'est notre impuissance en tant qu'êtres humains. Le fait que ce scénario arrive ou non n'est pas de notre ressort. Néanmoins, les facteurs qui influencent la probabilité de ce scénario doivent être surveillés et les alertes correspondantes doivent être données, si cela est justifié.
En attendant que ce miracle se produise, la dynamique et les impacts sont similaires à ceux du scénario du "génie humain".
Compte tenu des connaissances actuelles sur les épidémies et sur les coronavirus, ce scénario est improbable, à court et moyen terme (entre 20% et 50% - plus proche de 20% que de 50%), mais pas impossible. Les facteurs qui influencent la probabilité de ce scénario devront être surveillés.
"Le génie humain"
Probable
Récit
Face aux coûts insupportables qu'entraînerait le fait de laisser la pandémie se développer, car l'incertitude interdit l'espoir d'atteindre une immunité naturelle rapidement et sans dommage, les êtres humains n'ont d'autre choix que de travailler pour démontrer leur génie.
Comme ils l'ont fait si souvent au cours de l'évolution, ils relèvent le défi. Ils s'efforcent de comprendre la menace et de trouver comment la surmonter.
Ils savent qu'ils auront besoin de temps pour trouver une solution définitive.
Ainsi, dans l'intervalle, ils trouvent des moyens de transition qui leurs permettront de disposer du temps nécessaire pour trouver la solution contre la menace qu'est le SRAS-CoV-2, quelle que soit la complexité de cette solution.
Explication
Ce "méta-scénario" est à la fois le plus probable des trois méta-scénarios et le seul sur lequel et au sein duquel nous pouvons agir.
C'est donc dans ce méta-scénario que se situeront nos scénarios.Il s'agit donc de notre premier "monde gigogne", lequel est également le plus large.
2 - Le génie humain et ses trois scénarios
Explication
Les 3 grands scénarios du Génie Humain s'organisent autour de l'incertitude critique qu'est l'immunisation. En effet, l'immunisation est jusqu'à présent le meilleur moyen, sinon le seul, que nous connaissons pour vaincre les maladies infectieuses et mortelles.
La question clé est la suivante : Quand serons-nous immunisés contre le SRAS-CoV-2, sans avoir à faire face aux coûts insupportables qu'impliquerait de chercher à atteindre une immunité naturelle, et ce d'autant plus qu'une telle recherche est très incertaine ?
Cela se traduit par trois scénarios. Les deux premiers scénarios sont organisés en fonction du temps et autour des vaccins. Ils répondent à la question : Quand disposerons-nous d'un vaccin (soit un vaccin qui soit découvert, fabriqué et livré aux différents pays qui en ont besoin) ? Le troisième scénario est en fait une branche du second et s'articule autour de la question de la vaccination de masse.
“Ce Noël 2022 tant attendu“ : Ce scénario se subdivise en deux pour envisager deux lignes de conduite possibles concernant la concurrence sur le vaccin.Le cadre temporel tient compte des besoins existants afin qu'on atteigne une immunisation mondiale(voir détails, bibliographie et références dans les différents articlessur les vaccins dans notre section sur la COVID19 ).
“Une nouvelle voie s'ouvre“ :Ce scénario prend en compte de nouvelles découvertes potentielles qui nous permettraient d'obtenir une immunisation avec des approches qui différeraient de notre pratique actuelle, c'est-à-dire les vaccins et les traitements. Ce scénario et les deux suivants, axés sur la vaccination, ne sont pas mutuellement exclusifs. Ils peuvent évoluer de façon parallèle. Il est présenté ici avec les scénarios de vaccination pour des raisons de présentation.
Ce Noël 2022 tant attendu
Probable
Récit - jusqu'en mars 2021
Compte tenu de la menace du SRAS-CoV-2, la recherche d'un vaccin est sans précédent et progresse à une vitesse jusqu'ici inégalée dans l'histoire de l'humanité. Le nombre de vaccins candidats en cours de développement est passé de 15 à 20 à la mi-février à 70 à la mi-avril 2020 et a continué à augmenter pour atteindre plus de 130 candidats. Beaucoup d'entre eux passent avec succès les phases d'essai, qui ont été modifiées et raccourcies pour répondre à l'urgence de la situation.
Grâce à cet énorme effort, alors que tous insistent sur le fait que la nouvelle façon d'organiser les procès est sûre, en mars 2021 un vaccin contre le COVID-19 est homologué.
Heureusement, une seule injection du vaccin est nécessaire pour une immunisation d'au moins un an (à noter que certains vaccins candidats semblent nécessiter deux injections).
La fabrication doit maintenant commencer. L'immunité de troupeau pour le COVID-19 qui doit être atteinte tient compte de l'étude de Sanche et al., et est donc de 82,4% de la population. 6,35 milliards de doses doivent être fabriquées, puis livrées à tous les pays de la planète.
"Joyeux Noël 2022"
Probablement
Récit - de mars 2021 - à l'hiver 2022
Heureusement, les capacités de production sont suffisantes. Elles sont organisées bien à l'avance. Tous les composants nécessaires pour produire le vaccin et l'injecter sont disponibles. Les doses de vaccin sont livrées en toute sécurité à chaque administration nationale pour Noël 2022.
La campagne de vaccination de masse peut commencer.
Explication
Ce scénario se subdivise ensuite en deux scénarios principaux en fonction de la volonté des gens d'accepter le vaccin.
"Un cadeau de Noël des plus précieux
Improbable
Récit - À partir de l'hiver 2022
La campagne de vaccination de masse, bien que complexe, a été bien préparée à l'avance. Elle se déroule à un rythme rapide dans le monde entier.
Grâce à une planification très précoce, l'immunité collective est atteinte en un temps record, pour l'instant.
Pour l'instant, le monde réussit à surmonter la pandémie de COVID-19.
Explication
Ce scénario devrait servir de base à la création d'un nouvel ensemble de scénarios permettant de gérer toutes les incertitudes liées à la vaccination. Il devrait également être utilisé pour planifier à l'avance la campagne de vaccination de masse.
"Un Noël raté"
Probablement
Récit - À partir de l'hiver 2022
Les efforts et les succès des laboratoires et des fabricants de vaccins ont été quotidiennement salués dans les médias, notamment financiers, tout au long de la période qui a conduit à l'immunisation de masse. La rapidité avec laquelle les vaccins ont été mis au point a été constamment soulignée. Chaque nouvelle annonce de succès a été suivie d'une hausse de la bourse.
Cependant, entre-temps, l'impact sur le grand public a été négligé. Ce que beaucoup comprennent, à tort ou à raison, c'est que le processus typique des procès n'a pas été suivi en toute sécurité. Les théories de la conspiration ont commencé à foisonner concernant un véritable objectif caché des fabricants de rechercher toujours plus de profit.
Entre-temps, la nouveauté même de certains vaccins n'a guère été expliquée à la population dans son ensemble.
Comme, depuis le début de la pandémie, les gens du monde entier ont été témoins de l'incertitude de la science et de querelles liées à l'ego et à la carrière plutôt qu'à un réel appétit de compréhension, la confiance dans la science a diminué.
Entre-temps, de nombreuses autorités politiques ont également perdu une partie de leur légitimité.
Par conséquent, en plus de la méfiance déjà croissante à l'égard des vaccins, beaucoup refusent la vaccination. Ils sont trop nombreux pour permettre une immunité collective.
Après des mois d'efforts insuffisants pour inciter la population à se faire vacciner, trop peu et trop tard, moins de 50% de la population dans de nombreux pays accepte le vaccin.
La pandémie est là pour durer.
Explication
La probabilité de voir ce deuxième scénario défavorable se réaliser dépendra de la manière dont la période précédant le début de la vaccination de masse se déroulera.
La manière dont les autorités politiques de chaque pays et de la communauté internationale vont gérer la pandémie est cruciale.
La communauté scientifique, les médias, les fabricants de vaccins ainsi que les acteurs financiers joueront également un rôle très important.
"Libre pour tous
Probablement
Récit - de mars 2021 - à l'hiver 2022
Les gouvernements et les entreprises pharmaceutiques ne pouvaient pas prévoir suffisamment tôt la manière de fabriquer les doses nécessaires pour le monde entier.
De nombreux facteurs favorisent les tensions et la concurrence acharnée entre les gouvernements, car chacun veut s'assurer qu'il sera en mesure de vacciner sa propre population.
Le monde entier doit faire face à de nombreux facteurs d'instabilité et de tension : les conséquences désastreuses de la pandémie, y compris sur le plan économique, la période de transition dans laquelle se trouve le système international, les tensions pour la suprématie notamment entre les États-Unis et la Chine, le refus des autres puissances de se soumettre aux trop grandes puissances compte tenu des risques qu'elles viennent de vivre en termes de survie, la tentative d'Erdogan et de la Turquie de profiter de la situation internationale pour créer une nouvelle sphère d'influence dans la région méditerranéenne et au Moyen-Orient, etc.
Jusqu'où la tension peut-elle aller ? Peut-on maintenant être confronté à une guerre ?
Explication
Un scénario de "guerre" est un des scénarios possibles à suivre à partir du scénario "libre pour tous", mais il ne sera pas développé ici.
Un facteur crucial qui rendra la tension plus probable est la capacité des gouvernements à évoluer vers une collaboration ou un conflit entre le début de la pandémie et la date de découverte d'un vaccin.
D'ici juin 2020, l'attitude internationale des États-Unis concernant les masques faciaux, les vaccins et les traitements tendrait à accroître la probabilité de voir la tension monter plutôt que la collaboration.Au contraire, les efforts fructueux d'autres pays pour adopter une approche collaborative réduiraient la probabilité de voir les conflits s'installer.
D'autres scénarios spécifiques devront être élaborés pour tenir compte précisément de ces cas.
"Un peu plus longtemps..."
Improbable
Récit
La communauté scientifique a fait des efforts considérables pour découvrir un vaccin contre le SRAS-CoV-2.
Pourtant, avec le temps, l'un après l'autre les candidats échouent, à un stade ou à un autre du processus.
Nous avons dépassé le mois de mars 2021, et de nouveaux candidats vaccins continuent d'être développés. Il faut réussir... un jour.
Explication
Ce scénario ne sera actif que si le précédent échoue (tous les vaccins candidats échouent).
Il s'agit donc d'un scénario alternatif qui se déclencherait vers mars 2021 si les essais ont échoué.
"Une nouvelle voie s'ouvre
Probabilité : Inconnu
Récit
Les scientifiques explorent de nouvelles voies pour mieux comprendre le SRAS-CoV-2, notamment, mais pas seulement, dans le domaine de la génétique, de la phylogénétique, de l'épidémiologie évolutionniste, de la génomique, de l'épidémiologie génomique, etc.
Les nouvelles découvertes ouvrent des pistes de réflexion entièrement nouvelles pour lutter contre les maladies et les infections virales.
Une nouvelle façon de lutter contre la pandémie de COVID-19 est désormais possible.
Explication
Ce scénario pourrait être une façon tout à fait inattendue de combattre le COVID-19.
Sa totale nouveauté interdit cependant l'estimation de la probabilité ou du délai.
Il est néanmoins important de le garder à l'esprit car la recherche dans ces domaines doit se poursuivre et car elle peut constituer une voie révolutionnaire pour sortir de la pandémie.
3 - Atténuer la douleur
Explication
La prochaine couche d'incertitude critique se concentre sur la recherche d'une prophylaxie et d'un traitement antiviral.
Dès qu'un traitement existe et qu'il est pleinement efficace, quel que soit le stade de la maladie - empêchant le développement de la maladie ainsi que la mort - et dès qu'il est largement disponible, alors la pandémie prendra fin.
Plus encore qu'avec la couche précédente, compte tenu du nombre d'essais cliniques en cours, le contrôle doit être permanent.
Tant que nous n'aurons pas trouvé un traitement totalement idéal, même si des traitements partiellement efficaces existent, nous resterons dans un scénario où nous devrons vivre avec la pandémie de COVID-19.Ce scénario se subdivise comme suit:
1- “"La pharmacie idéale” - Le premier type de traitement peut résulter de médicaments connus. Dans ce cas, comme pour le vaccin, la découverte peut conduire à une collaboration ou à des tensions. Il est impossible de donner une date car de nombreux essais sont en cours.
2 – “Rendez-vous dans 15 ans...” – Si les essais de tous les médicaments connus échouent, il faut alors espérer trouver un tout nouveau traitement. Le délai minimal pour développer un nouveau médicament en toute sécurité est alors de 15 ans. Dans ce cas, l'espoir et le calendrier du vaccin auront la priorité. Les vaccins deviendront alors encore plus importants.
3- “L'ère de la reconnaissance" - Dans ce scénario, nous examinons la façon dont nous vivent avec la pandémie de COVID-19, car aucun traitement complet n'a encore été découvert. Les traitements possibles découverts dans ce scénario pourraient atténuer la douleur et réduire le nombre de décès, mais pas d'une manière qui aurait un impact sur la dynamique de la pandémie.C'est le scénario que nous allons développer. Ce dernier scénario se déroule également comme les deux précédents. Ainsi, elles ne s'excluent pas mutuellement tout au long de la ligne du temps, mais sont présentées comme telles pour des raisons de commodité.
“L'ère de la reconnaissance”
Presque certain
Récit
Nous vivons avec le SRAS-CoV2, ce virus qui a déclenché le début de l'épidémie de COVID-19 en Chine, probablement en 2019.
La maladie est très contagieuse, nous n'avons pas de traitement, nous n'avons pas de vaccin, nous savons encore peu de choses sur ce coronavirus et la maladie qu'il entraîne.
Explication
Ce scénario est organisé en fonction de la manière dont les principaux acteurs veulent voir le système sociopolitique s'adapter et changer. Considèrent-ils vraiment le COVID-19 ? Veulent-ils s'assurer que la sécurité de tous les citoyens passe avant tout ? Ou veulent-ils revenir au monde d'avant COVID-19 ?
Certains des principaux facteurs critiques qui interviennent en outre sont la manière dont la maladie elle-même évolue, la dynamique de la pandémie et la manière dont les autorités politiques gèrent la pandémie et parviennent ou non à assurer la sécurité sur tous les fronts. En conséquence, la légitimité devient primordiale. En effet, la légitimité peut être renforcée - dans le cas d'actions plutôt réussies - ou, au contraire, affaiblie - dans le cas d'une gouvernance sous-optimale. La qualité de la légitimité entravera ou favorisera alors les actions des autorités politiques.
Ensuite, les actions des groupes d'élite sont également considérées comme fondamentales.
Les scénarios sont organisés en trois périodes : le choc, refus et changement fondamental (à venir).
"Le choc
Certain - Passé
Récit
Nous nous souvenons du moment où nous avons commencé à comprendre que nous devions faire face à une nouvelle maladie. Curieusement, on a l'impression que c'était il y a longtemps et que c'était hier.
La pandémie s'est développée d'abord en Chine, puis en Corée du Sud et à Singapour.
Avec le recul, le reste du monde a fait preuve d'une totale incrédulité et d'une incapacité totale à penser que nous pourrions avoir à faire face à une pandémie mondiale. Puis elle nous a frappés. Non seulement nous étions tous plutôt mal préparés, à l'exception principalement des deux premiers pays, mais nous avons probablement été choqués. Cela ne pouvait pas être vrai, ce n'était pas vrai. Une véritable pandémie était impossible au 21e siècle.
Lorsque les pays ont été frappés et ont finalement dû faire face à une augmentation exponentielle du nombre d'infections et d'hospitalisations, lorsqu'ils ont soudainement été confrontés à la possibilité de voir leur système de santé exploser, lorsque le fantôme des pandémies passées comme la peste noire s'est installé, les autorités politiques ont réagi de diverses manières. Leurs actions ont été fonction de deux priorités : sauver des vies tout en préservant les moyens de subsistance. Et leurs actions ont rencontré un succès variable selon ces deux axes.
À l'échelle mondiale, des millions de vies ont été sauvées pour l'instant, même si un demi-million de personnes sont mortes lors de ce qu'on a appelé la première vague. Pendant ce temps, le bilan économique a été terrible.
Explication
Cette période passée est cruciale pour déterminer ensuite la trajectoire des pays, ainsi que la manière dont ils pourront se relier les uns aux autres. Des groupes de pays peuvent être créés en fonction de leurs actions et de leurs performances sur les deux axes principaux, la sécurité sanitaire et tous les autres types de sécurité.
"Déni
Presque certain
Récit
Le premier choc est maintenant passé. Grâce à une communauté scientifique très active, nous avons commencé à rassembler des connaissances sur ce virus et sa maladie, même si de nombreuses inconnues subsistent.
Certains pays sont encore confrontés à une première vague, tandis que d'autres ont commencé à connaître un rebondissement. Certains n'ont pas encore véritablement entamé leur première vague, car ils ont bénéficié des décisions et des actions des autres. Tous les autres pays qui ont réussi à plus ou moins contrôler la pandémie sont sur le fil du rasoir.
En raison de leur position sur la chronologie de la pandémie et de la manière dont ils ont géré cette période, les autorités politiques, les communautés scientifiques et, en général, les groupes d'élite ont vu leur légitimité renforcée - peu de pays - ou affaiblie - de nombreux pays.
Les pays où la légitimité des autorités politiques a chuté et continue de chuter sont devenus chaque jour plus difficiles à gouverner.
Pourtant, cela passe inaperçu.
Partout dans le monde, l'objectif principal est de revenir au monde antérieur, au monde qui existait avant la COVID-19, malgré les affirmations contraires.
Des mesures sont prises lorsque le COVID-19 les impose, mais elles restent fragmentaires. Elles sont créées dans l'esprit du vieux monde passé. Elles sont conçues pour nous permettre de retourner dans le passé.
Le système et les groupes d'élite qui en bénéficient se font entendre et bénéficient du pouvoir et des ressources accumulés au cours des dernières décennies. Pourtant, ce pouvoir et ces ressources ne sont peut-être pas aussi solides qu'ils le pensent. Une partie de cette puissance n'est qu'aussi solide que le système auquel elle se rapporte.
D'autres voix avertissent qu'il faut créer quelque chose de différent, que la pandémie n'est pas encore terminée, que même les pays qui réussissent le mieux à contrôler la pandémie sont sur le fil du rasoir.
Ces voix suggèrent que le COVID-19 pourrait être transformé en une opportunité de créer un système novateur mieux adapté au 21e siècle et aux nombreux défis auxquels il doit faire face, du changement climatique aux nouvelles technologies telles que l'intelligence artificielle, les sciences de l'information quantique, les nanotechnologies, etc.
Le moins de mesures possibles sont prises pour contrôler le COVID-19. En outre, elles sont aussi superficielles que possible.
L'orgueil et le passé gouvernent les autorités politiques et les sociétés.
Le système et les groupes d'élite qui bénéficient du système pré-Covid-19 sont plus forts que toutes les autres voix qui suggèrent le contraire ou le contraire.
A suivre...
"Se débrouiller" Les embrouilleurs
Probabilité d'évaluation selon les pays
Récit
De nombreuses mesures, sur tous les fronts, sont prises mais elles sont chaotiques et ne montrent aucune véritable réflexion, aucune innovation ni aucune cohérence.
Les autorités politiques et les groupes d'élite pensent vouloir contrôler au mieux la pandémie tout en apprenant à vivre avec le COVID-19. Pourtant, ils sont toujours prisonniers du passé, de leur ancienne mentalité et des anciennes structures et groupes d'intérêt.
Les citoyens sont divisés. Certains d'entre eux pensent à nouveau, tandis que d'autres veulent résister au changement.
Certains groupes commencent à manifester des manières extrêmes et un comportement collectif cathartique, exprimant ainsi le malaise et la peur profonds de sociétés qui ne disposent pas d'une gouvernance légitime et adéquate.
Le système et de nombreux groupes d'élite bénéficiant du système pré-Covid-19 restent myopes et insistent sur leurs anciens privilèges, quel que soit le prix qu'ils feront payer aux autres.
Cependant, de nouveaux groupes d'élite, dont certains issus de l'ancienne élite, commencent également à prendre conscience et à comprendre la situation. Ils commencent à penser que quelque chose de différent pourrait être fait.
A suivre...
"La force d'âme Les changeurs
Probabilité d'évaluation selon les pays
Récit
De nombreuses mesures, sur tous les fronts, sont prises. On réfléchit beaucoup à la pandémie et on privilégie et prend en compte les nouvelles connaissances.
Les autorités politiques et les groupes d'élite savent qu'ils sont loin de tout savoir et que la situation est à la fois terriblement difficile et complètement nouvelle. Ils savent qu'il est extrêmement difficile à la fois de tenter de contrôler la pandémie et d'assurer tous les types de sécurité.
Ils sont très prudents dans les progrès, mais très forts dans la mise en œuvre des mesures.
Ils réussissent à mobiliser leurs citoyens pour faire face à ce nouveau défi et pour essayer de créer un nouveau système mieux adapté à la réalité du 21e siècle.
Voici l'édition du 16 juillet 2020 de notre analyse hebdomadaire des risques politiques et géopolitiques (en accès libre).
Éditorial:: Dans le cadre d'un éditorial très court, nous mettons en évidence deux articles extrêmement intéressants, non seulement en raison de leur contenu, mais aussi de la plateforme de publication qui les considère, à savoir Reuters. Le contenu et l'éditeur rendent ces articles inhabituels et, par conséquent, ils deviennent des signaux significatifs.
Voici l'édition du 9 juillet 2020 de notre hebdomadaire scan pour les risques politiques et géopolitiques (accès libre).
Éditorial:: La tension avec la Chine ne cesse de monter, alors que les États-Unis se débattent péniblement avec la pandémie de COVID-19. Alors que le monde est désormais empreint de tant d'incertitudes, deux acteurs, notamment la Turquie et l'Inde, tentent de profiter de la situation pour faire avancer leur agenda, alors que l'État islamique est toujours là. Pendant ce temps, de nombreux États européens et l'UE, ainsi que le monde financier et économique, pour une grande partie, semblent avoir choisi d'ignorer la pandémie, alors que le COVID-19 ne faiblit pas, loin de là, même si nous ne commençons à découvrir les possibles impacts neurologiques à long terme de la maladie qu'après la guérison. Comme le dit Ed Yong, dans L'Atlantique le dit en ce qui concerne les Américains, mais cela peut s'appliquer à de nombreux acteurs, "la pandémie de coronavirus a deviennent des bruits blancs - de vieilles nouvelles qui se sont effacées à l'arrière-plan de leur vie" ("Les experts en pandémie ne sont pas d'accord", 7 juillet 2020).
Par conséquent, du point de vue idéal de la stabilité et de la sécurité pour tous assurées par des autorités politiques légitimes, les signaux d'alerte sont au rouge. Plus la situation actuelle durera, plus les chances d'assister à des résultats désagréables pour de nombreux acteurs seront grandes.
Dans ce cadre général, nous devons également poser quelques questions perturbatrices, pour rester fidèles à l'approche de l'équipe rouge. Quels pays gèrent le mieux la pandémie de COVID-19 et semblent donc se soucier davantage de leurs citoyens : les pays d'Extrême-Orient comme la Corée du Sud, le Japon et la Chine, ou de nombreux pays du G7 ? Cela implique-t-il que des valeurs telles que les "droits de l'homme" sont remises en question à un niveau très profond dans les pays qui traitent la pandémie comme un "bruit de fond" ? Si les valeurs fondamentales sont remises en question, quel est l'impact sur la société et sur sa gouvernance ? En conséquence, si les gens et les citoyens ne se sentent pas protégés, et au cas où une puissance étrangère développerait des stratégies offensives intelligentes pour accroître son influence - et ses actifs - à l'étranger, avec qui se rangeraient les citoyens délaissés ?
Grâce au scan (balayage d'horizon), chaque semaine, nous recueillons des signaux faibles - et moins faibles. Ceux-ci indiquent des problèmes nouveaux, émergents, en voie d'intensification ou, au contraire, de stabilisation. En conséquence, ils indiquent comment les tendances ou les dynamiques évoluent.
Nous caractérisons des signaux comme faibles, lorsqu'il est encore difficile de les discerner parmi un vaste éventail d'événements. Cependant, nos biais cognitifs altèrent souvent notre capacité à mesurer la force d'un signal. Par conséquent, la perception de la force d'un signal variera, en fait, en fonction de la conscience de l'acteur. Au pire, les biais cognitifs peuvent être si forts qu'ils bloquent complètement l'identification même du signal.
Dans le domaine de la prospective et de l'alerte précoce stratégiques, de la prévention et de la gestion des risques, il appartient aux bons analystes de faire des scans ou balayages d'horizon. Ainsi, ils peuvent percevoir et identifier les signaux. Les analystes évaluent ensuite la force de ces signaux en fonction de risques et de dynamiques spécifiques. Enfin, ils livrent leurs conclusions aux utilisateurs. Ces utilisateurs peuvent être d'autres analystes, leur hiérarchie ou d'autres décideurs.
Chaque section se concentre sur les signaux liés à un thème spécifique :
monde (politique internationale et géopolitique) ;
économie ;
la science, y compris l'IA, le QIS, la technologie et les armes, ;
l'analyse, la stratégie et l'avenir ;
la pandémie de Covid-19 ;
l'énergie et l'environnement.
Cependant, dans un monde complexe, les catégories ne sont qu'un moyen pratique de présenter des informations, alors que faits et événements interagissent au-delà des frontières.
Les informations recueillies (crowdsourcing) ne signifient pas que nous les cautionnons.
Image : Voie lactée au-dessus de SPECULOOS / La recherche de planètes habitables - EClipsing ULtra-cOOl Stars (SPECULOOS) est à la recherche de planètes semblables à la Terre autour de minuscules et faibles étoiles devant un panorama de la Voie lactée. Crédit : ESO/P. Horálek.
Pourtant, nous devons prendre des décisions et agir lorsque le brouillard obscurcit notre horizon.
Les scénarios sont le meilleur outil pour aider les acteurs à gérer l'incertitude. Ils permettent une prise de décision plus solide. Ils aident à lutter contre l'impréparation.
Bien entendu, dans l'idéal, ces scénarios doivent également suivre une méthodologie appropriée pour être réellement exploitables (par exemple Vos scénarios de prospective stratégique sont-ils valables ? Test et liste de contrôle en 6 points). Toutefois, notre objectif n'est pas ici d'évaluer les méthodologies utilisées, ni de valider ou d'approuver l'un des produits ci-dessous. Quelle que soit la méthodologie utilisée, les scénarios permettent également d'ouvrir les menottes forgées par l'esprit pour emprunter les mots de William Blake, de sortir des sentiers battus et de surmonter les silos. Ils peuvent également constituer les premiers pas vers l'amélioration de la qualité de nos scénarios.
Ainsi, cette bibliographie probablement incomplète vise à saluer le travail collectif des professionnels. Leurs efforts devraient contribuer à gérer au mieux la pandémie et à naviguer dans le monde post-pandémique (une fois que nous aurons atteint ce stade, ce qui n'est pas le cas actuellement). La bibliographie vise également à fournir aux décideurs d'autres idées et scénarios qu'ils n'auraient peut-être pas envisagés. Enfin, elle est conçue comme un outil pour les étudiants et les praticiens.
En tant que futuristes ou praticiens de la prospective stratégique (y compris tous les scientifiques utilisant des scénarios), si vous avez créé des scénarios concernant la pandémie COVID-19 et/ou le monde post-COVID-19, n'hésitez pas à nous le faire savoir en utilisant les commentaires.
Henning, Saunders et Koran, mai 2020 - Scénario 1 sur 6 Scénarios qui façonnent un monde post-COVID-19 - Voir les autres scénarios ici (faire défiler la page vers le bas).
Le consommateur américain est en train de devenir un acteur conscient de lui-même, actif, géopolitique et stratégique sur la scène mondiale. Cela se manifeste par sa nouvelle attitude très négative à l'égard de l'achat de produits "made in China" (Brendan Murray, "Les Américains font la sourde oreille à la Chine”, Bloomberg,17 mai 2020).
Vers le grand découplage ?
Il se trouve que depuis quarante ans, la désindustrialisation de l'Amérique a été "compensée" par des importations massives de Chine (Martin Jacques, Quand la Chine domine le monde, 2012). Cela a engendré l'abyssal déficit commercial américain avec la Chine. Cependant, le faible coût des produits chinois est également un facteur important de la consommation américaine. C'est donc aussi un facteur important de la croissance économique américaine (Niall Ferguson, Xiang Xu, "Rendre la Chimère à nouveau géniale”, Bibliothèque Wiley one line21 décembre 2018).
Si l'on considère, réciproquement, l'importance considérable des relations avec les États-Unis pour la croissance de la Chine, cette nouvelle tendance américaine à la consommation de produits anti-Chine n'est rien d'autre qu'une géopolitique à l'échelle mondiale. Il en est ainsi car il apparaît comme le signal, parmi beaucoup d'autres, d'une dynamique puissante : une tendance américaine à découpler son économie de l'économie chinoise.
De la guerre commerciale à la guerre des consommateurs ?
Un récent sondage a révélé que plus de 401 Américains de la catégorie P1T déclarent qu'ils n'achèteraient pas de produits chinois. Seuls 25% Américains déclarent qu'ils ne s'en soucieraient pas. Cependant, 35% déclarent qu'"ils n'aimeraient pas, mais qu'ils finiraient par l'acheter" (Brendan Murray, "Les Américains font la sourde oreille à la Chine”, Bloomberg,17 mai 2020).
Vers l'anti-"made in China" ?
Selon Bloomberg, cette tendance consumériste anti-Chine établit que les Américains de 78% seraient prêts à payer des prix plus élevés pour des produits si leur producteur quittait la Chine. Le sondage révèle également que 66% sont favorables à des restrictions d'importation plus strictes des produits chinois, afin de soutenir l'économie américaine. Enfin, 55% déclarent qu'ils ne font pas confiance à la Chine pour donner suite à l'accord commercial de janvier avec les États-Unis.
Ce sondage est particulièrement intéressant dans le contexte actuel de chômage gigantesque aux États-Unis, déclenché par la pandémie Covid-19 (Jean-Michel Valantin, "Le concours Covid-19 entre les États-Unis et la Chine (2) : l'Amérique et la Chimère en crise”, L'analyse rouge (équipe), 15 mai 2020). Il se trouve que depuis la mi-mars, près de 40 millions d'Américains sont au chômage. Au cours du premier trimestre 2020, le PIB américain a diminué de 5% annualisé. C'est la pire chute depuis la crise de 2008, sachant que les perspectives du choc Covid-19 sont pires.
Des consommateurs qui se sacrifient ?
Nous devons garder à l'esprit qu'aux États-Unis, les habitudes de consommation, ainsi que l'assurance maladie, le remboursement des prêts hypothécaires et les pensions de retraite dépendent entièrement des emplois. Il en est ainsi parce qu'il y a peu de filet de sécurité publique. C'est dans ce contexte de dégradation rapide de la situation économique et d'insécurité financière profonde que les 40% des consommateurs américains se déclarent prêts à payer des prix plus élevés pour ne pas acheter de biens "made in China".
En d'autres termes, le consommateur américain se déclare prêt à rejoindre les rangs de la guerre commerciale. Et il le fait en sacrifiant une partie de son pouvoir d'achat déjà en baisse. Le changement de cap de cette tendance de consommation devient une nouvelle dynamique au sein de la "guerre commerciale" qui oppose les États-Unis et la Chine depuis 2018. En effet, le gouvernement américain lie la guerre commerciale à la réindustrialisation des États-Unis.
En effet, un nouveau comportement d'achat américain frapperait directement les rendements financiers vers la Chine. Cela se produit déjà, car près de 300 milliards de dollars de biens chinois sont déjà soumis à une taxation plus élevée. Elle porterait également atteinte à l'offre chinoise dans le cadre des relations commerciales avec les États-Unis. Ainsi, il aurait un impact sur la production industrielle chinoise. En attendant, cette dernière se contracte déjà à un rythme historique, en conséquence du verrouillage de Covid-19 (Hélène Lavoix, "L'émergence d'un ordre international Covid-19”, The Red Team Analysis Society15 juin 2020).
Le président Donald Trump encourage fortement cette politique et ce sentiment antichinois. Il a officialisé la dimension politique et stratégique de cette position le 26 mai 2020, comme l'indique le rapport de la Maison Blanche "Approche stratégique des États-Unis à l'égard de la République populaire de Chine" a été libéré.
Ce rapport indique que l'administration Trump a "adopté une approche compétitive vis-à-vis de la RPC, fondée sur une évaluation lucide des intentions et des actions du PCC {Parti communiste chinois}, une réévaluation des nombreux avantages et lacunes stratégiques des États-Unis, et une tolérance à l'égard de frictions bilatérales plus importantes".
De la guerre commerciale à la guerre populaire (des consommateurs)
La connexion de la guerre commerciale et de la tendance à la consommation anti-Chine à la grande stratégie de cette Chine américaine crée un consensus politique fort. Ce consensus imprègne le tissu même de la croissance américaine, ainsi que la vie quotidienne des citoyens américains. Il s'agit donc d'une situation profondément ressentie, tant par les familles que par le gouvernement. En d'autres termes, une grande partie des citoyens américains partagent activement la grande stratégie anti-Chine.
Il s'agit d'un changement géo-économique et géopolitique majeur. La relation entre les États-Unis et la Chine est une structure si complexe et si puissante que l'historien britannique Niall Ferguson la surnomme "Chimère". Cette expression traduit la quasi-hybridation entre ces deux gigantesques économies nationales (Niall Ferguson, Xiang Xu, "Rendre la Chimère à nouveau géniale”, Bibliothèque Wiley one line21 décembre 2018).
La chimère au bord du gouffre
Ce processus est né de l'installation de milliers d'industries et de sociétés américaines en Chine dans les années 1980. Il a créé le modèle des relations commerciales gigantesques entre les deux pays. Dans le même temps, la Chine achète d'énormes quantités de la dette américaine en achetant des bons du Trésor. En février 2020, la Chine possédait 1 097 billions de dollars de titres du Trésor (Adam Tooze, Crashed, Comment une décennie de crises financières a changé le mondeLe rapport de Jeffery Martin, publié en 2019, indique que "l'économie chinoise a connu son pire trimestre en 40 ans après le verrouillage de l'accès au Coronavirus, entraînant le monde dans la récession", Newsweek, 4-17-20).
Il apparaît donc clairement que la politique américaine à l'égard de la Chine, comme la guerre commerciale ou la position sur Taïwan et Hong Kong, témoigne d'une puissante intention politique. Cette intention semble être une volonté de massacrer la "Chimère", afin de découpler les deux superpuissances.
L'intérêt national et la guerre géo-économique
Dans ce contexte, la pandémie Covid-19 et ses conséquences économiques énormes apparaissent comme une opportunité pour la nouvelle stratégie Trump. En effet, elle est un facteur d'accélération de cette stratégie de "grand découplage". Au-delà du surnom du virus "Covid-19" comme "virus de Wuhan", Washington intensifie la guerre commerciale.
Cela se produit même si les économies américaine et chinoise sont toutes deux aux prises avec le choc de Covid-19. Dans la même dynamique, Pékin exerce des représailles. Depuis 2018, elle diminue ses importations agricoles américaines, tout en augmentant fortement ses importations de produits agricoles brésiliens (Emiko Tearzono, Sun Yun, "Les importations record de soja brésilien par la Chine entravent l'objectif commercial des États-Unis”, Financial Times14 mai 2020).
Un découplage mimétique ?
Ce mouvement exprime la manière dont Pékin tente de mettre en œuvre une autre forme de dépendance extérieure. Elle tente de découpler la Chine de la production agricole américaine. En d'autres termes, la "guerre commerciale" pourrait déclencher les mêmes politiques à Washington et à Pékin. Ces politiques visent à réduire de manière drastique la dépendance mutuelle "chimérique" entre les États-Unis et la Chine.
Vers un futur proche dangereux ?
Toutefois, cela soulève la question de l'avenir économique à court terme de l'agriculture américaine. Ce secteur est déjà frappé par le changement climatique et par la guerre commerciale. En Chine, une crise d'approvisionnement alimentaire à l'époque du Covid-19 et une pandémie de grippe porcine africaine pourraient déclencher l'insécurité alimentaire (Hélène Lavoix, "Covid-19 et alerte précoce sur l'insécurité alimentaire”, La société d'analyse Red (Team), 18 mai 2020).
Ces questions sont d'autant plus pressantes que si la coopérative Chimerica est démantelée, la concurrence stratégique sera d'autant plus féroce. Cela pourrait être particulièrement vrai dans la région Asie-Pacifique.
Bienvenue au cours sur l'analyse des risques et la gestion de crise pour le Master SciencesPo-PSIA. L'objectif de ce cours est de vous apprendre à prévoir et à anticiper au mieux les problèmes, les défis, les dangers et les opportunités futurs, dans le domaine de la sécurité internationale, des relations internationales, de la politique mondiale, etc. En d'autres termes, nous abordons les questions de sécurité conventionnelles et non conventionnelles, c'est-à-dire toutes les questions liées à la guerre (qu'il s'agisse d'une guerre civile ou d'une guerre internationale), aux changements de l'ordre international, aux changements des autorités politiques, aux nouvelles technologies, au changement climatique, à la sécurité énergétique, à la sécurité de l'eau, aux pandémies, etc.
La première partie du cours vous permettra de vous familiariser avec le processus de prospective stratégique et de gestion des risques ou, plus largement, avec l'anticipation. Vous apprendrez à connaître ses principaux obstacles et à concevoir des stratégies pour les surmonter. Vous découvrirez et [...]
Ce bref article est une première alerte précoce sur l'incertitude possible concernant les vaccins contre le COVID-19 et la vaccination de masse pour la pandémie. Malgré les multiples annonces de "bonnes nouvelles" qui envahissent les médias, les milieux d'affaires et les décideurs politiques, ainsi que la mise en place des gouvernements, certaines indications de dangers potentiels se multiplient et méritent une analyse et une surveillance plus approfondies.
Avec le développement de la pandémie de COVID-19, la vaccination et ses variables connexes sont devenues des facteurs clés fondamentaux. Nous les avons donc immédiatement ajoutés à notre liste d'indicateurs à surveiller. En effet, la vaccination - parallèlement au traitement - détermine de manière critique le calendrier de la pandémie. En d'autres termes, tant qu'une campagne de vaccination de masse n'aura pas été menée avec succès (ou que le virus ne disparaîtra pas comme par magie), nous devrons vivre avec la COVID-19 et ses règles strictes (voir La pandémie de COVID-19 - Survivre et reconstruire).
À ce jour, 22 juin 2020, nous avons vu une accumulation d'indications et de signaux selon lesquels il pourrait exister des obstacles à la vaccination de masse contre la COVID-19 nécessaire pour mettre fin à la pandémie. Nous avons identifié quatre types d'obstacles. Nous nous concentrons ici sur trois d'entre eux, à savoir :
les éventuelles mutations du SRAS-CoV-2 qui pourraient affecter l'efficacité de certains vaccins candidats ;
les éventuels goulets d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement de la fabrication de vaccins qui pourraient avoir un impact sur la livraison des doses ;
une méfiance possible à l'égard de la vaccination COVID-19 et donc une difficulté à atteindre l'immunité de groupe.
Le dernier défi, la "compétition et la course pour la future vaccination de masse contre la COVID-19", comme nous le prévoyions, ont également déjà commencé et doivent être suivis de près. Nous ne nous attarderons pas ici sur cet aspect particulier de la question.
Nous estimons donc qu'une nouvelle incertitude concernant la future campagne de vaccination de masse contre la COVID-19 doit être ajoutée à la liste des problèmes possibles à surveiller. Elle justifie une analyse approfondie de prospective stratégique et d'alerte précoce au niveau mondial et national, surtout si l'on veut aussi aborder la course à la vaccination. L'impact très important qu'aurait un tel problème, s'il se concrétisait de manière substantielle dans tous les pays, est suffisant pour que la question soit mise à l'étude.
Ci-dessous, nous partageons avec nos membres et lecteurs quelques indications préliminaires suggérant l'émergence du problème. Nous soulignons ensuite certains points qui doivent être pris en compte dans le cadre d'une analyse de prospective stratégique et d'alerte précoce ou d'une analyse des risques. Ces points devraient également faciliter la veille. Enfin, nous fournissons quelques ressources en ligne utiles et des explications contextuelles.
Nota Bene: Commencer à surveiller la montée d'un danger ou d'une menace éventuelle ne signifie pas que la menace se matérialisera avec une certitude absolue. Cela signifie que la possibilité de voir cette menace se concrétiser augmente. L'évolution doit donc être suivie de près. Les acteurs peuvent commencer à réfléchir à l'élaboration de réponses et d'actions en conséquence.Ils peuvent également penser à orienter leurs politiques de manière à atténuer autant que possible la matérialisation de la menace.
1- Certaines mutations du SRAS-CoV-2 pourraient-elles affecter l'efficacité de certains vaccins candidats ?
Une analyse scientifique, indépendante, notamment par des neuropharmacologues, des spécialistes de la virologie génomique, etc., serait nécessaire pour évaluer puis surveiller en détail le risque potentiel pour chaque vaccin candidat.
L. van Dorp, M. Acman, D. Richard, L.P. Shaw, C.E. Ford, L. Ormond, C.J. Owen, J. Pang, C.C.S. Tan, F.A.T. Boshier, A.T. Ortiz, F. Balloux ".Emergence of genomic diversity and recurrent mutations in SARS-CoV-2″Infection, génétique et évolution, Volume 83, septembre 2020, https://doi.org/10.1016/j.meegid.2020.104351
B Korber, WM Fischer, S Gnanakaran, H Yoon, J Theiler, W Abfalterer, B Foley, EE Giorgi, T Bhattacharya, MD Parker, DG Partridge, CM Evans, TM Freeman, TI de Silva, au nom du groupe de génomique COVID-19 de Sheffield, CC LaBranche, DC Montefiori, "Spike mutation pipeline reveals the emergence of a more transmissible form of SARS-CoV-2", bioRxiv 2020.04.29.069054 ; doi : https://doi.org/10.1101/2020.04.29.069054 - Cet article est une prépublication et n'a pas été certifié par un examen par les pairs - Il a été critiqué sur le plan méthodologique : voir, pour un examen des critiques par twitter - ce qui est très peu orthodoxe - Alan Boyle, "Studies of coronavirus evolution stir up a controversy for scientists on social media”, Geekwire5 mai 2020
2- Les goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement et de fabrication de vaccins
Il ne s'agit pas seulement de développer des vaccins, il faut aussi les produire en quantité suffisante. Cela implique que tous les composants nécessaires soient également produits en quantités suffisantes. Certaines tensions et certains goulets d'étranglement peuvent exister sur une partie de la chaîne d'approvisionnement. Chacun d'entre eux doit être surveillé de près.
3- Méfiance possible à l'égard de la vaccination contre la COVID-19 et donc difficulté à obtenir une immunité collective
La mise au point d'un vaccin efficace est une étape cruciale pour l'immunisation. Toutefois, si elle est réalisée de telle manière qu'une partie insuffisante de la population accepte le vaccin, alors l'immunisation de masse - la fameuse immunité collective - ne sera pas réalisée.
Une vidéo du Wall Street Journal résume de manière intéressante certains points et problèmes potentiellement inquiétants concernant la manière dont les vaccins contre le SRAS-CoV2 sont actuellement développés. Considérant que le WSJ est largement lu et respecté, cette vidéo peut également inciter la population à la prudence.
Des moyens totalement nouveaux pour créer des vaccins
Comme pour le facteur précédent, une autre incertitude apparaît concernant les conséquences inconnues possibles de l'inoculation de types de vaccins totalement nouveaux. En d'autres termes, quel effet ces nouveaux types de vaccins pourraient-ils avoir sur le corps humain ? Sur le virus ? Sur d'autres virus ? À moyen et à long terme ? Pourrait-on observer des variations en termes d'impact selon la quantité de personnes immunisées par ces vaccins ?
Les défis de la légitimité pour les autorités politiques et scientifiques
Ce facteur doit être traité à la fois au niveau mondial et au niveau national. En effet, certains pays et sociétés peuvent être largement opposés à la vaccination alors que d'autres ne le sont pas. Outre le mouvement anti-vaccination préexistant, constitué et organisé, comme dans les articles ci-dessous, il faut également tenir compte de tout mécontentement grave à l'égard des gouvernements, des États et des autorités scientifiques. Ce mécontentement peut avoir augmenté et s'être accumulé depuis le début de la pandémie de COVID-19. Il peut aussi avoir préexisté et avoir atteint un niveau critique avec la pandémie. Une analyse détaillée du pays sera nécessaire. Il est possible que la méfiance encouragée dans le cadre de la tension internationale - la "propagande" - joue son rôle.
Une vaccination de masse réussie permettra à une société de considérer que la pandémie est terminée. Ainsi, un vaccin sûr et efficace et une campagne de vaccination de masse connexe déterminent le calendrier de la pandémie. Nous devons apprendre à vivre avec le COVID-19 jusqu'à ce qu'une vaccination de masse réussie ait lieu.
Chaque retard ou échec dans le développement d'un vaccin signifie que nous devons être prêts à vivre plus longtemps avec le COVID-19.
Nous avons initialement estimé qu'une campagne de vaccination complète, après des essais appropriés, pourrait commencer à la fin de 2022. Cependant, depuis lors, les entreprises et les laboratoires de vaccination rivalisent pour promettre des vaccins bien plus tôt. Par exemple, Astrazeneca (vaccin mis au point par le laboratoire de l'université d'Oxford) indique que la livraison (mais nous ne savons pas combien de doses) commencera "d'ici la fin de 2020" (Astrazeneca Media13 juin 2020).
Nous devons néanmoins nous rappeler tout d'abord qu'à ce jour, aucun candidat vaccin n'a réussi toutes les phases d'essai. Ensuite, les dates données par les entreprises de fabrication ne correspondent pas à une immunisation complète et donc à la fin de la pandémie mondiale. Enfin, compte tenu des incertitudes soulignées ci-dessus, les dates figurant dans les communiqués de presse semblent encore plus éloignées et incertaines en ce qui concerne l'immunisation complète pour le monde entier.
Les variations des facteurs identifiés ci-dessus, en fonction des pays, auront de graves conséquences en termes de relations internationales et de nouvel ordre international émergent.
Les estimations et les analyses doivent également être évaluées en fonction des enjeux des acteurs du processus de vaccination. Comme les enjeux sont très élevés dans ce domaine, la polarisation idéologique risque d'être très forte elle aussi. Par exemple, les acteurs qui ont un grand intérêt à revenir au type de monde précédent, même s'ils n'ont aucun lien avec l'industrie de la vaccination, peuvent avoir tendance à être plus optimistes que d'autres. Au contraire, les fabricants de vaccins chevronnés ayant une culture d'entreprise hautement éthique peuvent être plus prudents dans leur évaluation. La pensée critique - comme toujours - est donc extrêmement importante.
D'autres facteurs non liés peuvent avoir un impact sur l'ensemble du processus de vaccination (changement climatique, émergence d'une autre pandémie, autres maladies nécessitant également une vaccination, insécurité alimentaire, bouleversements dans les transports, communautarisme et émeutes qui en découlent, troubles civils plus importants, etc.)
Le COVID-19 semble plonger le monde dans une profonde confusion. Les messages sont la plupart du temps contradictoires. Ils varient selon les pays et les acteurs, de "l'épidémie est derrière nous", "retournons tous à nos habitudes et travaillons à la reprise" aux craintes d'un éventuel déclenchement d'une nouvelle vague de pandémie.
Pour espérer pouvoir surmonter la confusion, et donc agir de manière saine et efficace, il faut regarder la réalité en face. C'est l'objectif de cet article, de donner une simple preuve de la nouvelle réalité actuelle et des éventuelles caractéristiques émergentes de l'ordre international en mutation.
Ainsi, en premier lieu, nous donnons un aperçu de la réalité de la pandémie mondiale. Ensuite, nous suggérons de classer les pays selon trois types de stade de la pandémie : les pays sur le fil du rasoir, ceux qui sont confrontés à un rebondissement déclaré et ceux qui sont encore aux prises avec l'épidémie initiale. En attendant, nous soulignons les traits émergents du nouvel ordre international imprégné de COVID-19.
En effet, le 11 juin 2020, le monde a enregistré 138.400 nouveaux cas confirmés de COVID-19, le nombre de cas quotidiens le plus élevé jamais enregistré, suivi d'un groupe de cas quotidiens, en tenant compte des week-ends, plus élevé que les semaines précédentes (118.100, 134.200 et 134.000). En outre, ce chiffre est très probablement sous-estimé.
Nous sommes sur le point d'atteindre les 8 millions de cas confirmés cumulés dans le monde.
En termes de potentiel de contagion, ces chiffres donnent à réfléchir.
COVID-19 Cas quotidiens mondiaux - Données 15 juin 2020 13:28 CET
COVID-19 Cumul mondial des cas confirmés Données 15 juin 2020 13:28 CET
Les autorités sanitaires se sont relayées pour rappeler ce fait au monde.
Le 10 juin, le Dr Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses et conseiller principal de la Maison Blanche, s'est fait l'écho de cette mise en garde. Le 12 juin 2020, c'était au tour du commissaire européen à la santé d'insister sur le même message (John Lauerman et Riley Griffin, "Fauci dit de la pandémie de grippe son "pire cauchemar", loin d'être terminé", Bloomberg,10 juin 2020 ; Reuters, "L'UE met en garde contre la crise sanitaire COVID-19 et appelle à la vigilance"(12 juin 2020).
Les perspectives de la pandémie mondiale couvrent cependant différents types de situations selon les pays. Actuellement, on peut distinguer trois grandes catégories.
Sur le fil du rasoir
Certains pays semblent avoir dépassé le stade initial de la pandémie. Les États appartenant à ce groupe sont ceux qui ont été les premiers touchés et qui ont choisi de gérer la pandémie selon ce que l'on pourrait appeler le modèle du Collège sinocoréen-impérial (pour le modèle de l'équipe d'intervention COVID-19 du Collège impérial, voir Impact des interventions non pharmaceutiques (NPI) pour réduire la mortalité COVID19 et la demande de soins de santé16 mars 2020). En d'autres termes, ces pays ont décidé de mettre en œuvre en premier lieu toutes les mesures nécessaires, y compris un verrouillage total, pour préserver la vie de leurs citoyens. Cela signifie également qu'ils avaient les moyens de mettre en œuvre ce modèle et que leurs décisions étaient plus ou moins opportunes pour leur permettre de contrôler la contagion.
Voici une sélection des pays qui se qualifient pour ce premier groupe, classés en fonction du nombre maximum de nouveaux cas quotidiens. La sélection est effectuée en fonction des nouveaux cas quotidiens au 15 juin 2020. Elle peut changer avec le temps.
Groupe 1 COVID-19 - Sur le fil du rasoir - Sélection des pays
Même au sein de ce groupe, nous avons des situations très variées. Nous pouvons les classer en fonction de deux facteurs, dont la combinaison a ensuite influencé l'ampleur et la durée du verrouillage.
En premier lieu, nous disposons de la préparation et des premiers moyens pour lutter contre la pandémie, notamment en termes de tests et de masques faciaux. Les pays concernés vont de la Corée du Sud et de l'Allemagne, d'une part, à des pays moins bien préparés comme l'Espagne, la France, l'Italie ou le Royaume-Uni, d'autre part.
Le deuxième facteur est le niveau d'infections et de décès toléré, allant d'une tolérance proche de zéro avec la Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Thaïlande ou l'Autriche à une acceptation du risque beaucoup plus élevée pour de nombreux pays européens comme l'Espagne, l'Italie, la France ou le Royaume-Uni. Le gouvernement britannique est cependant attaqué, notamment en raison de la décision tardive de fermer le pays et du prix élevé à payer en termes de vies (par exemple, Jasmina Panovska-Griffiths, "Coronavirus : cinq raisons pour lesquelles le nombre de décès au Royaume-Uni est si élevé“, The Conversation10 juin 2020).
Un sous-facteur, pour la période postérieure à la première épidémie, est la tolérance aux nouveaux cas d'infection. D'une part, la Corée du Sud et la Chine, par exemple, n'acceptent pratiquement aucun nouveau cas, compte tenu également du danger de mutation du virus. Par exemple, Pékin est passé en mode "temps de guerre", en rétablissant les mesures de niveau 2 en raison d'un nouveau groupe lié à l'immense marché alimentaire de Xinfadi, ce qui a conduit à 79 cas identifiés au soir du 14 juin (par exemple "Pékin rapporte 36 nouveaux cas COVID-19 dans un nouveau groupe de marchés locaux“, CGTN15 juin 2020). Auparavant, pendant 56 jours, Pékin n'avait signalé aucun nouveau cas d'infection transmise localement (Ibid.). À l'opposé, la France souligne que "le pire de l'épidémie est passé" malgré, par exemple, 407 nouveaux cas quotidiens (chiffres pour le 14 juin 2020) et 193 clusters sous enquête le 9 juin 2020 (Reuters, "Ministre français de la santé : Le pire de l'épidémie est derrière nous, mais le virus n'est pas mort"(15 juin 2020).
Les pays de ce premier groupe se battent maintenant, quelles que soient leurs politiques, pour garder la pandémie sous contrôle et réduire le nombre de cas d'une part, pour relancer leur économie d'autre part. En effet, le bilan économique, mesuré en fonction du monde pré-pandémique, a été énorme. Par exemple, selon les prévisions de l'OCDE du 10 juin 2020, dans le meilleur des cas, les pays du G7 devraient voir leur PIB diminuer en 2020 entre 6% pour le Japon et 11,5% pour le Royaume-Uni. Les prévisions d'effondrement pour tous les pays de l'OCDE sont détaillées dans le graphique ci-dessous. La Chine, pour sa part, devrait voir son PIB diminuer de 2,6% (Ibid.).
La situation est d'autant plus difficile que de nombreux acteurs veulent croire que la pandémie COVID-19 est terminée, ou à tout le moins que le pire de l'épidémie est passé, et qu'il est temps de se concentrer sur l'économie. Même si beaucoup acceptent de souligner que le monde ne sera plus jamais comme avant, il s'agit dans l'ensemble de mots vides de sens, et la plupart se battent pour revenir au monde d'avant COVID-19.
C'est une caractéristique très nouvelle du monde qui peut faire ou défaire des pays. En effet, ceux qui ne seront pas en mesure de contrôler leur situation épidémique seront également rejetés. Positivement pour les citoyens, cela peut encourager les autorités politiques à prêter attention à la santé et à la sécurité, comme c'est, de toute façon, leur devoir. Cela peut également encourager les acteurs puissants à faire pression pour une politique de santé stricte plutôt que de mettre l'économie au premier plan tout en négligeant les coûts en termes de vies. Des situations complexes et tendues, tant au niveau national qu'international, sont néanmoins susceptibles d'évoluer à partir de cette nouvelle caractéristique du monde international.
Faire face à un rebondissement de COVID-19
Un groupe plus restreint de pays, qui avaient plus ou moins bien résisté à la première épidémie, connaissent ou ont connu un rebondissement. À ce jour (15 juin 2020), nous pouvons citer comme cas Singapour, l'Iran, le Royaume d'Arabie Saoudite, le Pakistan, le Bahreïn, le Qatar. La place du Qatar dans ce groupe est provisoire.
Les cas de ces pays mettent encore plus en évidence la précarité des pays du premier groupe et la facilité avec laquelle on peut passer d'un groupe à l'autre.
Sous le premier feu
Enfin, certains pays sont encore, à ce jour (15 juin 2020), dans la première phase de l'épidémie. Ils se trouvent à différents stades de cette "première vague", et la gèrent plus ou moins bien. On trouve ici la Russie, la plupart des pays d'Amérique latine et centrale, l'Inde, l'Indonésie, les Philippines, probablement une grande partie de l'Afrique, etc.
Groupe 3 COVID-19 - Sous le premier feu - Sélection des pays
Les États-Unis font également partie de cette catégorie. En effet, s'ils ont fait partie des premiers pays à avoir connu le COVID-19, ils sont toujours aux prises avec les défis de l'épidémie 6 mois plus tard. La situation de chaque État américain est différente, et certains s'en sortent mieux que d'autres et se trouvent à des stades différents. Néanmoins, l'épidémie semble s'aggraver, car les nouveaux cas et les nouvelles hospitalisations augmentent dans de nombreux États (Lisa Shumaker, "Des pics records de nouveaux cas de coronavirus, des hospitalisations dans certaines régions des États-Unis."Reuters, 14 juin 2020). Selon un décompte de Reuters, "l'Alabama a enregistré un nombre record de nouveaux cas pour le quatrième jour consécutif dimanche. L'Alaska, l'Arizona, l'Arkansas, la Californie, la Floride, la Caroline du Nord, l'Oklahoma et la Caroline du Sud ont enregistré un nombre record de nouveaux cas au cours des trois derniers jours... L'Arkansas, la Caroline du Nord, le Texas et l'Utah ont tous enregistré un nombre record de patients entrant à l'hôpital le samedi" (Ibid.).
La disparité même de la situation, et des politiques mises en œuvre pour chaque État, peut également être considérée comme une fragilité croissante propre au système fédéral américain. En effet, d'autres systèmes fédéraux, ou régionaux, n'ont pas connu les difficultés auxquelles les États-Unis sont évidemment confrontés. Ici aussi, les conséquences potentielles sont extrêmement élevées en termes d'ordre international. En effet, alors que les États-Unis se battent pour conserver leur position de superpuissance et qu'ils se perçoivent comme la première puissance du monde, avec une mission quasi-divine (voir notre série Quel déclin américain ? Le point de vue du Conseil national du renseignement américain), puis le fait d'être incapable de gérer la pandémie COVID-19 met en évidence un manque de pouvoir (dans l'idée de mach, de pouvoir, de capacité à faire quelque chose) et l'échec de sa mission. Sur le plan international, cela ne peut que signifier une perte d'influence internationale car elle est jusqu'à présent incapable d'offrir un modèle pour résoudre un problème.
Il est vrai que les capacités, notamment en termes d'économie, de recherche et de puissance militaire, des États-Unis restent très importantes, mais la pandémie COVID-19 est un danger supplémentaire pour le statut international des États-Unis.
Nous commençons donc à voir un ordre international peut-être très différent émerger de la pandémie COVID-19. Le sort des pays reste pour l'instant fluide et peut changer rapidement. De nouveaux moyens d'interaction entre des pays qui n'existaient pas auparavant, fondés sur la sécurité et la capacité à contrôler la COVID-19, apparaissent. En attendant, la position des États-Unis en tant que superpuissance semble de plus en plus précaire. Ces changements en gestation vont interagir avec la manière dont les pays gèrent la pandémie et donc, à leur tour, influer sur la pandémie elle-même. Nous n'en sommes qu'au début des changements.
Cet article, à l'aide de connaissances scientifiques, examine la dynamique de la contagion du COVID-19 pour identifier les mesures idéales à prendre pour arrêter la contagion. Ces mesures idéales, par rapport aux politiques réelles, permettront donc d'évaluer le potentiel d'une deuxième vague.
Notre objectif, pour cette série, est de trouver des moyens d'améliorer la façon dont nous prévoyons si, où et quand une deuxième vague ou des vagues récurrentes pourraient frapper, et à quel point elles pourraient être mortelles. Nous supposons que le virus ne mute pas et ne disparaît pas. Ici, nous cherchons un moyen d'évaluer les mesures et politiques que les pays et les acteurs non étatiques prennent contre le COVID-19 pour estimer s'ils atténuent ou non les risques de contagion et donc d'une deuxième vague.
En d'autres termes, ce que nous essayons de découvrir, c'est à quel point les mesures mises en œuvre sont adéquates pour contrôler la contagion. Ce contrôle est crucial si nous ne voulons pas revoir les infections et que les cas graves augmentent de façon exponentielle et incontrôlable. Cela signifierait une deuxième vague avec un retour au verrouillage.
Pour atteindre notre objectif, nous devons comprendre comment la COVID-19 se propage, d'où les différentes dynamiques de contagion à l'œuvre. Ainsi, nous retraçons la manière dont la contagion se produit, au niveau individuel, dans le cas de la pandémie COVID-19. Pour ce faire, nous utilisons et synthétisons les connaissances accumulées par les scientifiques depuis le début de la pandémie à ce jour. En conséquence, nous obtenons une référence idéale par rapport à laquelle les mesures et les politiques peuvent être évaluées. D'un point de vue politique, nous obtenons ainsi également des indicateurs permettant un meilleur suivi de la situation sur le terrain et un pilotage des politiques.
Nous évaluons ainsi l'efficacité de notre réseau. Idéalement, nous devrions également être en mesure de déterminer le nombre de cas pouvant passer à travers notre filet. Plus les cas non détectés restants sont nombreux, plus la probabilité de voir une nouvelle vague terrible est élevée, plus la vague peut se rapprocher dans le temps et plus la vague est intense et dangereuse.
Tout d'abord, nous examinons la dynamique de l'infection par transmission et par incubation. Cela nous donne des éléments cruciaux notamment liés aux mesures de protection individuelle et aux quarantaines pour les individus qui semblent ne pas avoir le COVID-19. Deuxièmement, nous identifions les cas possibles de contagion, en nous concentrant principalement sur la contagion se déroulant en dehors de l'hôpital. En d'autres termes, nous examinons la contagion qui est plus difficile à identifier et à contrôler car elle n'est pas facilement observable et entre en collision avec la vie quotidienne. Nous abordons donc la contagion pré-symptomatique, la contagion asymptomatique, la contagion pour la maladie COVID-19 légère et la contagion post-récupération. Enfin, synthétisant les connaissances recueillies, nous résumons les mesures idéales qui pourraient être prises dans un tableau pour faciliter l'évaluation (accès direct à sommaire). Nous donnons un exemple plus détaillé de ce que devrait être la durée idéale de quarantaine pour les déplacements et des risques encourus.
Pour être infecté, une personne doit recevoir une dose minimale de virus. Une fois que cette dose atteindra "nos voies respiratoires, une ou deux cellules seront infectées et seront reprogrammées pour produire de nombreux nouveaux virus dans" un certain laps de temps (Dr Michael Skinner,Expert reaction to questions about COVID-19 and viral load“, ScienceMediaCentre, 26 mars 2020). Les nouveaux virus infectent à leur tour d'autres cellules qui produisent de nouveaux virus, etc. En ce qui concerne le COVID-19, nous ne connaissons pas encore cette dose infectieuse minimale..
Ensuite, la quantité de virus produite par une personne infectée est la charge virale (Prof Jonathan Ball, Ibid.). Notez que nous ne savons pas s'il existe, pour la COVID-19, un lien entre une charge virale élevée et la gravité de la maladie (Marta Gaglia et Seema Lakdawala, “What we do and do not know about COVID-19’s infectious dose and viral load“, The Conversation, 14 april 2020).
Maintenant, deux choses se produisent, qui ne se produisent pas toujours de manière synchrone, mais qui sont souvent considérées ensemble: infecter d'autres personnes et développer des symptômes et tomber malade. Ici, nous nous concentrons principalement sur l'aspect contagion du COVID-19, en accordant autant d'attention que possible à ce qui se passe en dehors des hôpitaux.
Excrétion virale, propagation de la maladie et de la contagion
Maintenant, la personne infectée expulsera également une partie du virus qui s'est répliqué dans son corps dans l'environnement par divers moyens. C'est l'excrétion virale.
Une fois qu'une autre personne absorbe une partie de cette excrétion virale et dès que la dose infectieuse minimale est atteinte, la deuxième personne est infectée et le processus se poursuit. La contagion a eu lieu.
Erin Bromage, professeur agrégé de biologie, décrit comment ce processus peut avoir lieu dans un article très facile à lire («Les risques - Connaissez-les - Évitez-les (The Risks – Know Them – Avoid Them)», 6 mai 2020). Il souligne que la contamination peut se produire d'un coup, ou par absorption de nombreuses petites doses de virus. Néanmoins, dans ce cas, nous ne connaissons pas le processus exact par lequel chaque dose de virus reste dans l'organisme et pendant combien de temps, si une petite dose reçue pourrait devenir inactive ou être expulsée par exemple.
Nous savons que le virus se transmet par des gouttelettes respiratoires ainsi que par contact avec des matériaux infectés. Toutefois, des études américaines récentes ont montré que le virus pourrait également être aéroporté, ce dont d'autres scientifiques débattent encore (par exemple Tanya Lewis, "Comment le coronavirus se propage dans l'air : Ce que nous savons jusqu'à présent“, Le Scientific American12 mai 2020). Lewis explique que la différence entre la contagion aérienne et la contagion par les gouttelettes respiratoires est mince, et dépend en fait de la taille des gouttelettes (Ibid,). La contagion aérienne "se réfère à la transmission d'un agent pathogène par des aérosols - des gouttelettes respiratoires qui peuvent rester en suspension dans l'air (connues sous le nom de noyaux de gouttelettes) - par opposition à des gouttelettes plus grosses qui tombent sur le sol à quelques mètres près" (Ibid.).
En conséquence, la ventilation devient un facteur important qui doit être considéré comme favorisant la contagion ou, au contraire, rendant l'infection plus difficile (Ibid., Bromage, Ibid.). Elle peut soit aider à éliminer le virus présent dans l'air et sur les surfaces, soit, au contraire, déplacer les éléments viraux infectieux ailleurs, où les personnes peuvent être infectées... alors qu'elles pensaient respecter la distance sociale. Le brome, par exemple, explique que l'infection peut avoir lieu dans une pièce vide qui a été infectée auparavant. Il souligne également les dangers de la climatisation qui peut propager le virus dans l'espace.
Ainsi, Bromage souligne que l'équation fondamentale est "Infection réussie = exposition au virus x temps", et que cette équation est fortement influencée par la ventilation, c'est-à-dire le volume et le flux d'air (Ibid.).
Incubation
Habituellement, une fois infecté, à un moment donné, des symptômes peuvent apparaître. Par conséquent, les personnes malades et présentant des symptômes peuvent se retirer de la société, ce qui diminue le risque de transmission de la maladie. Cela est d'autant plus vrai si les symptômes sont suffisamment forts pour rendre la personne infectée inapte. En attendant, le patient a également besoin de soins.
Le délai entre la contamination et l'apparition des symptômes est appelé la période d'incubation. À ce jour, une étude portant sur 181 cas, estime que "moins de 2,5% des personnes infectées présenteront des symptômes dans les 2,2 jours (IC, 1,8 à 2,9 jours)", et 50% des personnes auront développé des symptômes entre 4,5 et 5,8 jours après la contamination (Stephen A. Lauer, MS, PhD et al., "La période d'incubation de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) à partir des cas confirmés publiquement déclarés : Estimation et application“, Annales de la médecine interne5 mai 2020). 97,5% des personnes qui développent des symptômes le feront dans les 11,5 jours (IC, 8,2 à 15,6 jours) suivant l'infection (Ibid.). Toutefois, "ces estimations impliquent que, selon des hypothèses prudentes, 101 cas sur 10 000 (99e percentile, 482) développeront des symptômes après 14 jours de surveillance active ou de quarantaine".
Pourtant, une maladie ne se développe pas toujours de manière aussi facilement observable. Nous avons d'autres cas, qui favorisent la contagion, comme c'est le cas avec le COVID-19.
Le COVID-19 et la contagion
Contagion pré-symptomatique
Si une personne est infectée et contagieuse avant de devenir symptomatique, le virus peut alors se propager davantage. En effet, comme les gens ne se sont pas sentis mal et, une fois la nouvelle maladie identifiée, détectée comme infectée, ils continuent leur vie. Pendant ce temps, ils contaminent d'autres personnes et des matériaux.
C'est le cas avec le SRAS-CoV-2. He et al. ont constaté que 44% de cas secondaires, malgré les diverses mesures énergiques prises pour réprimer la pandémie, étaient infectés par des patients pré-symptomatiques ("Dynamique temporelle dans l'excrétion virale et la transmissibilité de COVID-1915 avril 2020). Ils ont "déduit que l'infectiosité commençait 2,3 jours (95% CI, 0,8-3,0 jours) avant l'apparition des symptômes et atteignait son maximum 0,7 jours (95% CI, -0,2-2,0 jours) avant l'apparition des symptômes". En conséquence, ils recommandent que "la définition des contacts couvre 2 à 3 jours avant l'apparition des symptômes du cas index".
Mais ici, comme les patients sont contagieux avant l'apparition des symptômes, le problème est que les scientifiques et les personnes qui luttent contre la pandémie doivent travailler à reculons. Ils travaillent dès l'apparition des symptômes, qui sont les premières preuves facilement observables de la maladie. Mais, une fois que la maladie a commencé, nous avons déjà jusqu'à trois jours de retard sur le virus, si l'on considère qu'il et al. avec l'intervalle de confiance le plus long, pour être sûr.
Ainsi, pendant ces trois jours, le virus a eu le temps de se propager dans la population. Cela explique l'importance des tests et de la recherche de cas de contact, comme moyen clé de lutte contre une pandémie. Les tests et la recherche des contacts constituent également une tentative de passer du travail en arrière au travail en avant, tout en anticipant et en ne réagissant plus au virus.
Contagion pré-symptomatique combinée à une incubation précoce
De plus, combinons la contagion présymptomatique avec les connaissances sur l'infection et l'incubation. Nous pouvons estimer que si "moins de 2,5%" présentent des symptômes dans les 2,2 jours", sachant que l'infectiosité commence 2,3 jours avant l'apparition des symptômes, alors "moins de 2,5%" des personnes infectées seront infectieuses quasi immédiatement, probablement en quelques heures. Par conséquent, elles auront également le temps d'infecter d'autres personnes extrêmement rapidement. Les recherches visant à déterminer ce phénomène précis devront confirmer ou infirmer ces résultats.
Néanmoins, dans l'attente de nouvelles recherches, la sécurité et la précaution exigent que ces cas et les estimations correspondantes soient intégrés dans un cadre d'action. La quasi-instantanéité du phénomène signifie que, pour jusqu'à 2,5% de personnes infectées, la contagion est presque certaine, quels que soient les tests et la recherche des contacts effectués.
En effet, pour empêcher ces personnes d'infecter d'autres personnes, il faudrait savoir qu'elles sont infectées au moment même où elles le sont et pouvoir les isoler immédiatement. Il faudrait pour cela créer un dispositif capable de tester les individus de manière permanente, sans effets secondaires ni douleur et sans erreur. En outre, ce dispositif devrait pouvoir alerter les personnes infectées. En recevant le signal, ces personnes infectées pourraient se comporter de telle manière qu'elles ne risquent pas d'infecter d'autres personnes. Cependant, compte tenu de la réticence possible ou plutôt probable d'une fraction de la population à se conformer aux besoins d'isolement, des tendances à l'incivilité et plus rarement même à la malveillance, il est probable que le dispositif devrait également avertir les autorités. Dans l'hypothèse où un tel dispositif existerait, un débat éthique est probable.
Dans tous les cas, une fois l'infection détectée, l'isolement devrait être mis en œuvre immédiatement - l'isolement le plus facile et le moins contraignant étant bien sûr les masques vraiment efficaces.
En attendant un tel dispositif, la seule façon d'arrêter ce type spécifique de contagion, et en attendant que ces 2.5% puissent être mieux caractérisés, est de diminuer, voire d'arrêter la quantité de virus que chaque individu peut répandre dans l'environnement, d'une part, et de renforcer au maximum la protection d'une autre personne contre l'absorption du virus. Cela signifie des masques faciaux efficaces et une hygiène rigoureuse pour arrêter la contamination par les surfaces et les matériaux (pour une revue récente des études sur l'efficacité des masques faciaux, voir, Chu et al.Distances physiques, masques faciaux et protection des yeux pour prévenir la transmission de personne à personne du SRAS-CoV-2 et COVID-19 : une revue systématique et une méta-analyse“, The Lancet1er juin 2020).
Contagion asymptomatique
Nous avons vu que les symptômes, qui signifient que les gens ne se sentent pas bien, sont un moyen naturel de ralentir et de réduire la contagion. En effet, les gens arrêtent leur activité habituelle parce qu'ils ne se sentent pas bien. Cependant, d'autres possibilités existent.
Si les gens sont malades et contagieux, sans jamais développer de symptômes - ils sont asymptomatiques - alors le virus peut se propager davantage. En effet, ces personnes ignorent totalement qu'elles sont malades, et comment pourraient-elles le savoir ? Elles poursuivront donc leurs activités habituelles, tout en infectant d'autres personnes.
En outre, de nombreux systèmes de détection (au moins jusqu'à la COVID-19) ont été mis en place pour identifier les symptômes. Ainsi, même lorsqu'une nouvelle épidémie est détectée, les personnes asymptomatiques ne seront pas arrêtées par les différentes mesures prises pour arrêter la contamination (Monica Gandhi, M.D., M.P.H.et al. "La transmission asymptomatique, le talon d'Achille des stratégies actuelles de contrôle de Covid-19“, The New England Journal of Medicine24 avril 2020). Ainsi, la contagion peut se propager même si l'on pense être protégé par différents systèmes.
Les patients atteints de COVID-19 peuvent être asymptomatiques et contagieux
C'est ce qui s'est passé avec le COVID-19.
Nous savons maintenant, grâce à différentes études menées dans différents pays, que les patients asymptomatiques sont contagieux (Monica Gandhi, M.D., M.P.H.et al., ibid ; Zhou R, et al., "Dynamique virale chez les patients asymptomatiques atteints de COVID-19“, Journal international des maladies infectieuses7 mai 2020).
L'OMS, a mentionné les cas asymptomatiques dans son rapport de situation - 46 le 6 mars 2020. Dans son orientation provisoire du 27 mai 2020 "Gestion clinique de COVID-19"Elle reconnaît le potentiel de contagion des patients asymptomatiques (voir p. 11, 40).
Combien de patients pourraient être asymptomatiques ?
Nous ne sommes toujours pas sûrs du nombre de patients COVID-19 qui pourraient être asymptomatiques. Les résultats sont très variables.
Selon les premières estimations, en mélangeant les patients asymptomatiques et les patients paucisymptomatiques, entre 30% et 60% des patients infectés par COVID-19 seront dans ces cas (Institut Pasteur(mise à jour 27 mai 2020).
Dans une autre étude sur un bateau de croisière partant d'Ushuaia, en Argentine, à la mi-mars 2020, et infecté par le COVID-19, les auteurs ont constaté que 84% des patients positifs au COVID-19 étaient asymptomatiques (Ing A.J., et al., "COVID-19 : sur les traces d'Ernest Shackleton“, Le thorax, 27 mai 2020).
Les pourcentages sont si élevés qu'il est crucial d'examiner ces cas. Ce qui peut être une bonne nouvelle en termes de santé et de gravité de la maladie - le nombre de patients asymptomatiques - peut, au contraire, être une mauvaise nouvelle en termes de contrôle de la contagion.
Dynamique de la contagion asymptomatique
Yang et ses collaborateurs (Ibid.) ont constaté que la durée médiane de l'excrétion virale était de 8 jours pour les patients asymptomatiques, avec une fourchette possible de 3 à 12 jours, contre 19 jours, avec une fourchette possible de 16 à 24 jours pour les patients symptomatiques.
Une autre étude chinoise du 7 mai 2020 sur quelques cas (31 patients initialement asymptomatiques, dont 9 sont restés asymptomatiques) a montré que la durée de l'excrétion virale des patients asymptomatiques était comprise entre 5 et 14 jours, et similaire à la durée de l'excrétion virale des patients symptomatiques - entre 5 et 16 jours (Zhou R, et al., ibid.). La bonne nouvelle est que la charge virale des patients asymptomatiques dans cette étude n'était pas aussi élevée que celle des patients symptomatiques (Ibid.). Zhou et al. suggèrent donc "la possibilité d'une transmission pendant leur période asymptomatique" tout en appelant à des recherches plus approfondies.
L'étude a également souligné que la charge virale a atteint son maximum plus tôt chez les patients asymptomatiques (comme sélectionné dans l'étude - Zhou et al., Ibid.).
Cependant, comme nous ne savons pas quand l'infection a eu lieu pour chaque patient (nous ne connaissons que la date à laquelle ils ont été testés positifs au COVID-19 et hospitalisés), il est difficile d'en déduire quoi que ce soit de certain en termes de moment exact du pic de charge virale ou même de durée maximale de l'excrétion virale (Zhou et al., Ibid.). Nous n'avons également aucune idée de la période d'incubation, car celle-ci est calculée en fonction des symptômes.
Même si le potentiel de contagion des personnes asymptomatiques peut être plus faible, nous devons néanmoins en tenir compte dans notre objectif. Quant à la durée de l'excrétion virale à prendre en compte, les études disponibles concernant encore un petit nombre de patients, par prudence et compte tenu des risques, il semble préférable de considérer la durée la plus longue possible, soit 14 jours.
Comme pour les infections présymptomatiques, la seule façon d'arrêter la contagion propagée par les patients asymptomatiques est d'abord de les identifier par des tests et ensuite de les isoler. La durée de l'isolement doit être, idéalement, la durée totale de la période pendant laquelle ils pourraient éventuellement transmettre le virus, c'est-à-dire la durée de l'excrétion virale. Nous sommes toutefois confrontés à un problème, comme l'a montré l'étude de Zhou et al. Une fois que nous avons identifié une personne infectée qui ne présente aucun symptôme, nous n'avons aucun moyen de savoir quand cette personne a été infectée, ni si elle est pré-symptomatique ou asymptomatique.
Si nous imaginons qu'il a été infecté le jour de la détection (dans le cas d'une incubation la plus courte possible), il peut commencer à développer des symptômes deux à trois jours plus tard. Il s'agit donc d'un cas pré-symptomatique. La période d'isolement doit être la période d'isolement classique d'un patient symptomatique atteint de COVID-19, à partir de l'apparition des symptômes (et NON à partir du jour de la détection), comme détaillé ci-dessous.
Si nous ne développons pas de symptômes, il s'agit alors d'un cas asymptomatique, et le patient doit être maintenu en isolement pendant la durée d'excrétion virale la plus longue possible, soit 14 jours. Logiquement, si la durée identifiée par la recherche est correcte, alors le patient devrait cesser d'être infectieux avant la fin des 14 jours. Idéalement, des tests devront être effectués à nouveau pendant cette période et, là encore, idéalement, la personne ne sera pas libérée de la quarantaine avant 14 jours et avant d'avoir obtenu un résultat négatif aux tests (y compris un système permettant de tenir compte des faux négatifs).
Contagion légèrement symptomatique
Ensuite, nous avons des personnes qui sont contagieuses et qui ne présentent que des symptômes très légers. Notamment au début de l'épidémie, lorsque celle-ci n'est pas encore connue, ces personnes ne resteront pas chez elles à cause de ces symptômes bénins, ce qui permettra également au virus de se propager.
Plus tard, une fois l'épidémie et les risques en termes de contagion connus, les contraintes économiques, la concurrence pour l'emploi et la carrière, ainsi que l'absence de soutien dans la vie quotidienne sont également susceptibles de favoriser un comportement où les cas légèrement symptomatiques peuvent être contraints ou fortement incités à surmonter des symptômes légers et à poursuivre comme d'habitude. L'incivilité et la malveillance peuvent aussi éventuellement devenir des facteurs de propagation consciente et volontaire de la maladie.
Combien de patients symptomatiques COVID-19 développent des symptômes légers
Selon l'OMS, 40% des patients symptomatiques COVID-19 développent une forme légère de la maladie. Nous ne savons pas s'ils incluent les personnes asymptomatiques dans cette estimation.
Comme précédemment, nous devons connaître la durée de l'excrétion virale ainsi que, idéalement, la cinétique de la charge virale.
Dynamique de la contagion légèrement symptomatique
Selon He et al. (Dynamique temporelle dans l'excrétion virale et la transmissibilité de COVID-19(15 avril 2020), la charge virale des patients était la plus élevée au plus près de l'apparition des symptômes et a diminué jusqu'à 21 jours après l'apparition des symptômes, sans différence en fonction de la gravité de la maladie.
Cette durée est plus longue que la durée estimée de l'excrétion virale trouvée par Zhou R, et al. qui était de 5 à 16 jours.
Entre-temps, dans une autre petite étude portant sur 16 patients chinois présentant des symptômes légers, les scientifiques ont constaté que "la durée moyenne des symptômes était estimée à 8 jours (écart interquartile, 6,25-11,5). Plus important encore, la moitié (8 sur 16) des patients sont restés positifs au virus (un marqueur de substitution de l'excrétion) même après la disparition des symptômes (médiane, 2,5 jours ; fourchette, 1-8 jours) (Chang et al., " ...Cinétique temporelle de la clairance virale et de la résolution des symptômes dans les nouvelles infections à coronavirus“, Am J Resp Crit Care Med 1er mai 2020). Ainsi, au pire, les patients présentant des symptômes légers pourraient rester contagieux pendant 11,5 jours plus 8 jours, soit 19,5 jours.
Le pic d'infectiosité est atteint avant le 5e jour après l'apparition des symptômes, puis diminue au cours de la première semaine pour les patients atteints d'une maladie bénigne (Wölfel, R. et al., “Évaluation virologique des patients hospitalisés avec COVID-2019“, Nature,1er avril 2020). En cas d'infection pulmonaire, le pic est atteint vers 10 à 11 jours.
En outre, Wölfel, R. et al soulignent un point très important : les gens peuvent à la fois développer des anticorps et rester infectieux :
"La séroconversion s'est produite après 7 jours chez 50% de patients (et au 14e jour chez tous les patients), mais n'a pas été suivie d'une baisse rapide de la charge virale".
Ainsi, l'idée d'utiliser les tests sérologiques au hasard et de laisser croire aux gens que le fait d'avoir développé des anticorps - testés positifs par des tests sérologiques - pourrait les rendre sûrs pour les autres est fausse, donc extrêmement dangereuse et entraînera une contagion supplémentaire.
Pour sa part, l'OMS souligne que "des informations limitées publiées et prépubliées fournissent des estimations sur l'excrétion virale allant jusqu'à 9 jours pour les patients légers et jusqu'à 20 jours pour les patients hospitalisés" (Orientation provisoire 27 mai 2020, p.11). Elle ne correspond donc pas à ce que He et al. et Chang et al. ont trouvé.
Pour des raisons de sécurité, et dans l'attente de recherches plus approfondies, il faut envisager la période de danger la plus longue, c'est-à-dire 21 jours, avec des mesures éventuellement plus légères mais sûres pour les 5 derniers jours (21 jours moins 16 jours).
Cela signifie que les personnes infectées présentant des symptômes légers peuvent potentiellement rester contagieuses jusqu'à 21 jours après l'apparition des symptômes, plus les 3 jours maximum de contagion pré-symptomatique. Si l'on prend l'étude de Chang et al., la période dangereuse est de 19,5 jours plus 3 jours. Si ces personnes poursuivent leur vie, alors en 22,5 à 24 jours, elles ont le temps d'infecter un grand nombre d'autres personnes, en fonction de leur mode de vie.
Comme pour les autres cas, il est impératif que ces patients soient isolés. Ici, le principal obstacle à surmonter n'est peut-être pas de ne pas connaître la maladie comme dans le cas d'une contagion asymptomatique et présymptomatique, mais d'autres facteurs externes à la maladie elle-même, de nature économique ou culturelle. Bien entendu, ces facteurs seront également actifs pour d'autres cas, mais ils sont probablement les plus importants à prendre en compte et à surmonter.
Cas modérés, graves et critiques et contagion après résolution des symptômes
Contagion par une maladie modérée
Lorsque des personnes développent des symptômes modérés, c'est-à-dire une pneumonie (401 cas de TTP1T) (Rapport intérimaire de l'OMS du 27 mai 2020, p. 13), même si elles ne sont pas hospitalisées, leur état les oblige à rester chez elles. Le potentiel de contagion est limité à la famille et aux soins de santé personnels du patient.
Tant que la maladie est inconnue, la contagion peut se propager facilement. Une fois que la maladie et son infectiosité sont connues, comme après une première vague, les risques de contagion devraient être minimes.
Il peut néanmoins être nécessaire de vérifier la manière dont ces patients sont traités, compte tenu notamment de facteurs culturels et économiques. La durée maximale d'excrétion virale de 21 jours après l'apparition des symptômes devra être appliquée (He et al., Ibid.).
L'OMS suggère que l'isolement et les mesures s'arrêtent 10 jours après l'apparition des symptômes "plus au moins 3 jours sans symptômes (sans fièvre et sans symptômes respiratoires)". (Ibid, p. 11).
Maladie grave et critique
Enfin, lorsque des personnes développent une forme grave de maladie, elles sont hospitalisées. Elles sont alors retirées du cours normal de la vie. Au début d'une épidémie, si un moyen spécial de les séparer des autres patients n'est pas mis en œuvre, ce qui peut ne pas être le cas puisque la maladie n'est pas identifiée, ou si jamais le système de santé s'effondre, ils peuvent alors contaminer les autres patients et le personnel médical. Ce risque devrait disparaître ou être extrêmement réduit une fois que la maladie est connue.
Ensuite, une fois que les patients gravement malades sont libérés après leur rétablissement, s'ils sont encore contagieux, ils contamineront à nouveau leur entourage. Comme ils peuvent être convalescents, la contamination peut être moins intense.
Cependant, les patients peuvent continuer à excréter le virus longtemps après leur sortie de l'hôpital. L'OMS souligne que "la plus longue durée observée de détection de l'ARN viral chez les survivants était de 37 jours", en se basant sur Huang et al (Ibid.) et Zhou F. et al ("Evolution clinique et facteurs de risque de mortalité des adultes hospitalisés pour COVID-19 à Wuhan, Chine : une étude de cohorte rétrospective", Lancet, 2020).
Par ailleurs, le pouvoir infectieux des matériaux avec lesquels les patients contagieux ont été en contact joue également un rôle, y compris les éléments naturels, tels que les plantes, l'eau, la roche, le sable. Et ici, nos connaissances sont encore plus incertaines. Nous compensons donc l'incertitude en créant des barrières entre les êtres humains et les surfaces où le virus pourrait se trouver. Cela permet également de surmonter l'incertitude... mieux vaut prévenir que guérir.
Mesures anti-contagion et détection des futures vagues
Ici, en examinant la dynamique de la contagion et en prenant un à un les différents cas par lesquels l'infection peut se produire, nous avons mis en évidence ce qui pourrait ou devrait idéalement être fait pour arrêter la contagion, selon les recherches et les connaissances identifiées jusqu'au 2 juin 2020.
Évaluer les mesures et la politique de lutte contre la contagion COVID-19
Plus les mesures mises en place pour arrêter la contagion sont éloignées de l'idéal, plus la contagion peut passer inaperçue.
Nous résumons ces mesures idéales dans le tableau ci-dessous :
Connaissances acquises
Mesure idéale
Principaux défis
Transmission
Transmission par les gouttelettes respiratoires
Masques faciaux et hygiène, distanciation sociale.
Facteurs culturels et normatifs, éducation, facteurs économiques (coût et disponibilité de masques efficaces)
Transmission par aérosols
Masques faciaux et hygiène, distanciation sociale.
Nettoyage et adaptation de toutes les installations de climatisation et de ventilation
Transmission par les surfaces
Non inclus dans l'article
Incubation
Quarantaine / isolement pendant 0 à 28 jours
Refus d'être mis en quarantaine aussi longtemps - coût (mais inférieur à celui d'un verrouillage du pays)
Contagion pré-symptomatique
Contagieux jusqu'à 3 jours avant l'apparition des symptômes
Recherche et analyse des cas
Les critères d'identification de la contagion doivent être l'infection, et non les symptômes
Contagion pré-symptomatique et incubation précoce
L'infection et l'infectiosité se déroulent de manière quasi simulée
Contagieux quasi instantanément (en quelques heures ?)
Masques faciaux et hygiène
Quasi-instantanéité de l'excrétion virale ( ? recherches spécifiques supplémentaires nécessaires)
Impossible à détecter et à isoler à temps
Cas asymptomatiques
Infection jusqu'à 27 jours avant le début de l'excrétion virale
Isolation/quarantaine jusqu'à 14 jours après un test positif
Identification de l'infection - facteurs socio-économiques et culturels mettant fin à l'isolement et favorisant la dissimulation des contacts
S'assurer que la période est correcte, manque d'études.
Contagion légèrement symptomatique
Infection jusqu'à 27 jours avant l'apparition des symptômes
Contagieux jusqu'à 3 jours avant l'apparition des symptômes
Isolation/quarantaine jusqu'à 21 jours après l'apparition des symptômes (quelle que soit la résolution des symptômes)
Mesures d'allègement possibles pour les 5 derniers jours (pour tenir compte de l'incertitude et des différences entre les études)
Identification de l'apparition des symptômes, des facteurs socio-économiques et culturels mettant fin à l'isolement et favorisant la dissimulation des symptômes
Identification de l'infection
Contagion modérée de la maladie
Infection jusqu'à 27 jours avant l'apparition des symptômes
Contagieux jusqu'à 3 jours avant l'apparition des symptômes
Isolation/quarantaine jusqu'à 21 jours après l'apparition des symptômes (quelle que soit la résolution des symptômes)
Les personnes les plus menacées sont la famille et la santé - les soins personnels au patient
Une étude plus approfondie est nécessaire
Contagion de maladies graves
Infection jusqu'à 27 jours avant l'apparition des symptômes
Contagieux jusqu'à 3 jours avant l'apparition des symptômes
Soins hospitaliers - contagion au sein de l'hôpital - considérés comme bien traités une fois la maladie connue
Pour les patients en phase de post-rétablissement, jusqu'à 24 jours après l'apparition des symptômes ? Jusqu'à ce que le test soit négatif plus 3 jours ?
Ne correspond pas à la durée de l'hospitalisation - des recherches supplémentaires sont nécessaires
Contagion des maladies circulaires
Infection jusqu'à 27 jours avant l'apparition des symptômes
Contagieux jusqu'à 3 jours avant l'apparition des symptômes
Soins hospitaliers - contagion au sein de l'hôpital - considérés comme bien traités une fois la maladie connue
Pour les patients en phase de post-rétablissement, jusqu'à 24 jours après l'apparition des symptômes ? Jusqu'à ce que le test soit négatif plus 3 jours ?
Ne correspond pas à la durée de l'hospitalisation - des recherches supplémentaires sont nécessaires
Décès
Mesures spéciales jusqu'à l'inhumation
Facteurs culturels et économiques
Tous les cas
Doit être testé négatif au moins une fois (ou plus) avant d'être libéré.
Les membres de la famille et toutes les personnes en contact régulier avec des personnes malades doivent être testés régulièrement pendant leur éventuelle période d'incubation et appliquer des mesures d'hygiène strictes ainsi qu'un masque facial et un équipement de protection ?
Facteurs culturels et normatifs, éducation, facteurs économiques, (coût et disponibilité de masques efficaces)
L'évaluation par rapport aux mesures idéales doit être faite au niveau du pays, de la région ou de l'acteur non étatique en raison de l'ensemble des mesures décidées au niveau mondial. Nous devons également examiner dans quelle mesure ces mesures sont mises en œuvre, ce qui peut varier selon les cas. Il faudrait aussi ajouter la contagion par des matériaux que nous n'avons pas détaillés ici et ne pas oublier l'importance critique de la ventilation et du nettoyage de la climatisation.
Avec le temps, plus les cas contagieux passent inaperçus, plus la quantité de personnes infectées risque d'augmenter. En effet, jour après jour, chaque cas manqué risque d'infecter d'autres personnes. À mesure que les cas manqués s'accumulent et en infectent d'autres, à un moment donné, même les tests - sans parler de la recherche des cas - peuvent devenir difficiles. Le nombre de cas sera si important que nous verrons la deuxième vague émerger.
Compte tenu de la proportion de la gravité de la maladie, plus le nombre de personnes infectées est élevé, plus nous risquons de nous retrouver dans le cas d'une contagion incontrôlable avec une deuxième vague de plus en plus intense.
À ce stade, nous devons introduire d'autres caractéristiques spécifiques à chaque pays. En effet, nous devons considérer non seulement le système de santé mais aussi la démographie spécifique d'une zone, car la gravité de la maladie, donc l'hospitalisation, dépend d'autres pathologies et de l'âge (Robert Verity, et al., "Estimations de la gravité des maladies à coronavirus en 2019 : une analyse basée sur un modèle“, The Lancet Infectious Diseases23 mars 2020). En outre, la gravité de la maladie et l'hospitalisation peuvent également dépendre des pays et les études cliniques nationales peuvent donc être mieux adaptées.
Le cas de la quarantaine pour les arrivées sur un territoire
Considérant l'importance des voyages pour la propagation de la pandémie, comme souligné dans "L'origine cachée du COVID-19 et la deuxième vague" (Hélène Lavoix, The Red (Team) Analysis Society, 25 mai 2020), nous examinons ici plus en détail la quarantaine qui devrait être mise en place à l'arrivée dans un pays.
Si une quarantaine doit être mise en place pour isoler une personne potentiellement infectieuse, cette quarantaine doit durer 28 jours comme indiqué ci-dessus. Une telle quarantaine sera très probablement trop longue, mais elle couvrira la plus longue période d'incubation possible. Elle supposera qu'une personne a été infectée le jour du début de la quarantaine, et prévoira la plus longue période d'incubation possible.
Si, par exemple, la personne avait été infectée sans le savoir 5 jours avant le début de la quarantaine, la quarantaine pourrait idéalement être réduite à 23 jours (28-5 jours). Mais nous n'avons aucun moyen de savoir quand l'infection a eu lieu. En raison de cette incapacité à savoir exactement quand une personne est infectée, les personnes ne peuvent pas être libérées avant ces 28 jours. Même dans ce cas, il semblerait que nous ne couvrions pas 100% d'infections.
Ainsi, si nous comparons les politiques de quarantaine à ce point de référence, nous pouvons évaluer le potentiel d'une deuxième vague. La norme habituelle de 14 jours nous indique qu'il nous manque 101 cas sur 10 000, comme l'ont souligné Lauer et al. Cependant, il est difficile d'estimer le nombre de personnes concernées de manière quantitative.
Il est certain que lorsque le nombre de cas infectés a été réduit grâce au verrouillage, comme dans de nombreux endroits, les quarantaines peuvent alors apparaître comme une pratique déloyale. Cependant, si le virus ne change pas, il n'y a malheureusement pas d'autre moyen, tant que nous n'avons ni vaccination ni certains traitements.
Par exemple, le 31 mai 2020, un cas asymptomatique a été identifié en Chine, qui était arrivé sur un vol affrété de l'Allemagne vers la Chine, pour tenter de relancer les affaires (Stella Qiu, Ryan Woo, "La Chine annonce 2 nouveaux cas de coronavirus, un cas asymptomatique sur la charte allemande“, Reuters31 mai 2020). Cela montre que même dans un pays dont on dit qu'il a maîtrisé son épidémie comme l'Allemagne, le virus circule. Si la Chine n'avait pas testé les hommes d'affaires à leur arrivée et s'il n'y avait pas eu de quarantaine, le porteur asymptomatique aurait été libre de se déplacer et d'infecter des personnes pendant 14 jours en Chine (la durée de l'excrétion virale pour un cas asymptomatique). Si un voyageur était asymptomatique, cela signifie qu'il a été infecté et qu'il a expulsé le virus pendant le vol. Ainsi, tous les autres passagers peuvent également être en incubation. Ils doivent donc tous être mis en quarantaine. Le risque de ne pas le faire est trop important. En fait, tous les passagers pourraient également avoir été infectés avant l'embarquement.
Comme le montre le cas symptomatique allemand arrivant en Chine et la quarantaine généralisée de 14 jours trop courte, nous laissons, globalement, les cas glisser et se déplacer à travers les pays et les continents. Ainsi, les mesures de distanciation sociale, les diverses mesures d'hygiène et les masques faciaux deviennent ici encore plus importants pour essayer de s'assurer que ces cas manqués infecteront le moins de personnes possible.
En ce qui concerne ces mesures individuelles, il faut noter que la charge incombe à chaque citoyen. D'une certaine manière, cela peut être considéré comme un test de la véritable capacité démocratique d'une société. En attendant, les valeurs culturelles seront importantes. Par exemple, le mépris évident dont font preuve de nombreuses populations européennes, notamment dans les capitales, ainsi que de nombreux Américains, pour les masques faciaux et les mesures de distanciation sociale n'augure rien de bon pour la capacité à atténuer une deuxième vague.
Toutefois, d'autres facteurs, tels que la densité de population, la légitimité, les contraintes économiques et l'inégalité, seront également essentiels pour évaluer dans quelle mesure les citoyens respecteront les mesures.
Pour conclure, une fois qu'une évaluation détaillée de chaque mesure anti-COVID-19 aura été faite pour chaque pays, nous aurons une évaluation plus précise de la possibilité d'une deuxième vague dans ce pays. En utilisant ensuite chaque écart par rapport à l'idéal, et la caractérisation de cet écart, nous serons en mesure de créer un système d'indicateurs qui pourront avertir du hasard d'une deuxième vague. Il est intéressant de noter que ce système d'alerte peut aider à orienter les politiques et donc à empêcher l'apparition même d'une deuxième vague.
Un système similaire peut être créé pour chaque acteur non étatique. Il permettra d'évaluer le potentiel de cet acteur en tant que futur groupe et vecteur de la maladie.
Il reste maintenant une question cruciale : que se passera-t-il si le SRAS-CoV-2 et sa maladie, le COVID-19, changent ? C'est ce que nous verrons ensuite.
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